Guerre en Iran : demandes d’abris anti-aériens explosent aux États-Unis
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Atlas Survival Shelters a constaté une forte augmentation de la demande pour des abris, principalement dans les pays du Golfe. Ron Hubbard, 63 ans, affirme que « la demande pour ce type de produit est à son plus haut en ce moment », et son entreprise pourrait réaliser un chiffre d’affaires supérieur à celui des trois dernières années au cours des deux prochains mois.
On se croirait aux plus belles heures de la Guerre froide… Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le téléphone de Ron Hubbard ne cesse de sonner. « Voulez-vous un abri anti-bombes ou un abri anti-tornades ? », demande cet entrepreneur texan. « Anti-bombes », répond un client en Floride (sud-est), souhaitant un abri pour dix personnes.
« Nous avons noté une forte augmentation depuis le début de la guerre en Iran, principalement dans les pays du Golfe, explique à l’AFP Ron Hubbard, 63 ans. Ironiquement, nous avons ouvert nos bureaux à Dubaï le 26 février 2026, 48 heures avant le début de la guerre ; notre timing était parfait, nous permettant de répondre à la demande. »
Des commandes records
Ce samedi matin à Sulphur Springs, petite ville du Texas (sud), l’entreprise de Ron Hubbard, Atlas Survival Shelters, a déjà reçu des appels en provenance du Qatar, du Pakistan et de Dubaï. Dans ce dernier, un client souhaite un abri lui permettant de survivre pendant cinq ans.
Et même si Donald Trump assure que l’offensive américaine contre l’Iran sera brève, avec des bombardements constants, de nombreuses personnes cherchent un abri. « La demande pour ce type de produit est à son maximum en ce moment, je n’ai jamais vu ça auparavant », insiste l’entrepreneur.
Délocalisation expresse
Pour répondre à la demande des marchés étrangers, Atlas Survival Shelters accorde des licences à des entreprises locales. Lorsqu’un contrat est conclu, une partie de son personnel se rend sur place pour superviser les travaux, ce qui permet de réduire les coûts. Toutefois, la demande ne provient pas uniquement des pays en conflit, elle augmente aussi aux États-Unis.
Dans la cour de l’usine, une vingtaine d’abris, semblables à des conteneurs en acier, sont prêts à être expédiés. Quarante autres commandes sont en cours de production, et Ron Hubbard estime qu’au cours des deux prochains mois, son entreprise pourrait réaliser un chiffre d’affaires supérieur à celui des trois dernières années.
Des célébrités un peu flippées
Atlas Survival Shelters travaille actuellement sur un bunker pour l’influenceur masculiniste Andrew Tate, en a construit un pour le youtubeur philanthrope MrBeast, un autre en Californie pour Kim Kardashian, et le patron de Meta, Mark Zuckerberg, a également commandé un projet, assemblé par un entrepreneur local. Tous avaient passé commande bien avant le début de la guerre.
Un abri basique, conçu pour que quatre personnes demeurent jusqu’à une semaine sous terre dans leur jardin et résistent aux bombardements et aux radiations, coûte environ 25.000 dollars. Les modèles les plus sophistiqués, capables de résister des années, peuvent coûter plusieurs millions de dollars, selon la quantité de nourriture, d’énergie et d’eau stockées.
Fin du monde ou Armageddon
« Cela dépend si vous vous préparez à la fin du monde ou à l’Armageddon, ou si vous vous préparez à une pluie de missiles comme l’ont fait la plupart des Israéliens », explique M. Hubbard, qui affirme construire des abris pour tous les scénarios. Les structures peuvent être érigées en béton directement sur le terrain ou fabriquées en métal dans l’usine du Texas, puis livrées au client.
« Un abri contre les retombées radioactives n’exige qu’un mètre de profondeur. Ce n’est pas l’abri lui-même qui vous protège des radiations, mais la terre et le béton qui le recouvrent, précise-t-il. Mais j’aime aller aussi profond que possible et je descends à deux ou trois mètres sous terre, au cas où il y aurait des tirs d’artillerie. »
Un second « sweet home »
Les abris comportent une porte principale hermétique et une chambre de désinfection où les personnes peuvent prendre une douche si elles ont été exposées à un environnement contaminé. Selon le budget, l’intérieur peut être similaire à celui d’un appartement : salon avec télévision, chambre, cuisine, buanderie, salle de bain… Certains abris incluent également un espace pour stocker des armes.
L’idée est qu’il soit relié à une source d’énergie, dispose de batteries de secours, stocke et filtre l’eau et possède une connexion sans fil. En cas de panne d’électricité, le système de ventilation du bunker peut être actionné manuellement à l’aide d’une manivelle.
« Personne ne pense plus que quelqu’un est fou parce qu’il a besoin d’un abri anti-aérien, surtout avec l’avenir incertain qui nous attend », souligne Ron Hubbard.

