Guerre en Iran : « Certains ne sont pas paniqués » au ministère des affaires étrangères
Une salle de 10 mètres carrés à Nantes accueille une partie des volontaires de la cellule de crise activée par le gouvernement le lundi 2 mars, suite au début de la guerre en Iran. Depuis le lancement de la cellule de crise, 12.400 appels ont été pris par le ministère des affaires étrangères.
Des sonneries de téléphone incessantes, des voix qui se mêlent et le cliquetis des claviers d’ordinateur. À Nantes, dans le vaste bâtiment du ministère des affaires étrangères, le seul en région, une salle de seulement 10 mètres carrés accueille une partie des volontaires de la cellule de crise activée par le gouvernement le lundi 2 mars, au moment où la guerre en Iran débute.
Casque sur les oreilles, huit fonctionnaires interceptent les appels des ressortissants français toujours bloqués au Moyen-Orient ou en Asie. C’est la quatrième fois que l’annexe nantaise active un tel dispositif. Le premier avait été lancé lors de l’offensive israélienne au Liban à la fin de 2024. Cette fois, 60 volontaires se relaient pour répondre aux questions et aux inquiétudes des ressortissants, renforçant ainsi les 15 cellules mises en place au sein des ambassades à l’étranger.
Au bout du fil, Franck identifie deux types de profils : ceux qui résident au Moyen-Orient et les Français en visite. Pour les touristes, les appels sont souvent plus pressants. « Certains ne savent pas où loger et nous font part de leur difficulté à financer une chambre d’hôtel », d’autres « s’inquiètent de la diminution de leur réserve de médicaments », explique le volontaire. Les urgences médicales sont prioritaires lors des opérations de rapatriement.
Après une courte accalmie, le poste de Franck sonne de nouveau. Il répondra généralement aux mêmes questions : Quels itinéraires doivent-ils emprunter ? Quelles compagnies aériennes consulter ? De nouveaux avions seront-ils affrétés dans les heures à venir ? Il peut répondre grâce aux informations ministérielles mises à jour deux fois par jour.
Dans le box voisin, Catherine vient de raccrocher. « Quand on prend un appel, c’est toujours la surprise, » chuchote-t-elle, « certaines personnes sont très stressées, voire paniquées, d’autres pleurent… » Elle se rappelle d’un appel en particulier, celui d’un parent en larmes attendant désespérément le retour de son enfant bloqué en Israël. « Nous ne recevons pas uniquement des demandes de l’étranger, beaucoup s’inquiètent pour leurs proches et s’informent du mieux qu’ils peuvent. »
Lorsque la conversation devient émotionnelle, Catherine s’efforce de garder son calme et d’être « la plus rassurante possible ». Formée à ce type de situation en 2025, elle a légitimement proposé son aide dès le début du conflit. À la fin de la journée, « je me sens utile, sourit-elle, ici nous ne sommes pas à plaindre, mais j’ai une pensée pour mes collègues qui travaillent sur place dans les ambassades. »
Sur le mur, un écran indique le nombre d’appels en cours et le temps d’attente estimé avant qu’un ressortissant ne soit mis en relation avec un membre du ministère. Au milieu de la journée, ce chiffre est souvent proche de zéro, « mais nous avons vu le temps d’attente dépasser 15 minutes la semaine dernière, » précise Céline Tasteyre, l’une des quatre encadrantes sur place. Au total, 12.400 appels ont été pris par le ministère depuis le lancement de la cellule de crise.
Sous cet écran trône une boîte de gâteaux, un bocal rempli de bonbons et beaucoup de café. Cela permet aux volontaires de rester motivés. « Il y a souvent un élan de mobilisation et de solidarité durant ces crises, tempère l’encadrante, certains sont venus aider le dimanche alors qu’ils fêtaient leur anniversaire. » La durée de mise en place de ce dispositif reste en question.
La ligne est ouverte de 8h30 à 17h30 heure française du lundi au vendredi et de 8h30 à 12h30 le week-end, au + 33 1 43 17 51 00.

