Guerre au Moyen-Orient : Le pétrole s’enflamme avec la trêve en péril entre États-Unis et Iran
Ce lundi, en début d’échanges asiatiques, les prix du pétrole bondissent de 8 % et remontent au-delà des 100 dollars le baril. À partir de ce lundi 16 heures (heure de Paris), l’armée américaine a affirmé qu’elle débuterait un blocus des ports iraniens.
Sans surprise, les tensions sur le marché des hydrocarbures restent très élevées suite à l’échec des négociations entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan. Ce lundi, au début des échanges en Asie, les prix du pétrole s’envolent de 8 % et dépassent les 100 dollars le baril.
Après être tombé autour de 97 dollars à la fin de la semaine dernière, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai enregistrait une hausse de 8,69 % à 104,95 dollars vers 02h10 (heure de Paris). Simultanément, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin se négociait aux alentours de 103,17 dollars, en progression de 8,37 %.
### Blocus américain des ports iraniens
La tendance devrait rester à la hausse tant que les tensions au Moyen-Orient perdurent. L’armée américaine a annoncé qu’elle débuterait un blocus des ports iraniens ce lundi à partir de 16 heures (heure de Paris), selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Cependant, elle a précisé que les navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran pourraient circuler à travers le détroit d’Ormuz, un passage stratégique où transitent habituellement un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
« Les menaces du président des États-Unis d’instaurer un blocus maritime contre l’Iran […] sont tout à fait ridicules et amusantes », a réagi le chef de la marine militaire iranienne, l’amiral Shahram Irani. Suite à l’échec des négociations entre l’Iran et les États-Unis durant le week-end, le Pakistan, pays hôte de ces discussions, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue entre les deux parties, aucune d’elles ne s’étant exprimée sur le sort du cessez-le-feu qui doit expirer le 22 avril.
### L’incertitude sur le détroit d’Ormuz
« Nous entamons une nouvelle semaine sur fond d’escalade du conflit […] ce qui accentuera la pression sur les marchés pétroliers mondiaux et pèsera sur la confiance des investisseurs », note Kathleen Brooks, analyste de XTB. « L’absence d’accord signifie que le détroit d’Ormuz demeure fermé et pourrait devenir encore plus dangereux […] Le conflit entre dans sa sixième semaine et nous pourrions commencer à percevoir plus clairement les dégâts économiques ».
« Des messages politiques contradictoires ont approfondi l’incertitude », déclarent les analystes de JP Morgan, mentionnant notamment la suggestion de la Maison-Blanche d’instaurer un péage conjoint avec l’Iran sur le trafic dans le détroit d’Ormuz. « Rouvrir le détroit est devenu la priorité la plus pressante du marché », ajoutent-ils.
La flambée des prix du pétrole accroît les risques inflationnistes. Les consommateurs craignent en effet une nouvelle hausse des prix à la pompe alors que l’essence et le gasoil connaissent une forte augmentation depuis le 28 février, date des frappes d’Israël et des États-Unis sur l’Iran.

