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Greenpeace dénonce le commerce nucléaire entre Paris et Moscou

Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, ni la France ni l’Union européenne n’ont « mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom ». En 2024, le parc nucléaire français a assuré plus de 86 % de la production électrique d’EDF dans le pays.


Un commerce nucléaire critiqué par Greenpeace. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, ni la France ni l’Union européenne n’ont « mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom », le géant public russe du nucléaire, selon un rapport publié mercredi par l’ONG anti-nucléaire.

La France importe d’importantes quantités d’uranium enrichi en provenance de Russie ainsi que d’uranium naturel en provenance du Kazakhstan et d’Ouzbékistan, transitant par ce pays. « La France continue à importer de l’uranium enrichi russe, que ce soit sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, N.D.L.R.) réenrichi (URE) », représentant 18 % du total de ces importations, d’après cette étude fondée sur l’analyse des données douanières françaises à fin septembre 2025.

En 2025, les deux anciennes républiques soviétiques ont fourni près de la moitié (49,9 %) de l’uranium naturel importé par la France. Toutefois, Greenpeace note qu’« une grande partie » de ces importations « transite toujours par le territoire russe sous le contrôle de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam, pour être notamment acheminée vers les usines Orano », le grand acteur français du cycle de l’uranium. L’ONG souligne également que « l’État russe continue à maintenir un contrôle fort sur le secteur minier kazakhstanais ».

Le secteur nucléaire reste épargné par les sanctions internationales. La Commission européenne n’a pas fourni de calendrier pour interdire les importations de produits nucléaires russes dans l’UE, un sujet au centre de vives discussions entre les 27 États membres.

« Mettre fin à l’impunité » est une priorité. « Notre pays alimente […] l’économie russe et, par extension, sa machine de guerre », déplore Pauline Boyer, responsable de campagne pour Greenpeace France, dans le communiqué. « Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris le contrôle d’une centrale nucléaire étrangère par la force (la centrale ukrainienne de Zaporijjia). Dans ce contexte, le commerce nucléaire avec Rosatom est insupportable », ajoute-t-elle.

Cette étude récente de Greenpeace met à jour les données d’un rapport publié en mars 2023, dans lequel l’ONG dénonçait déjà la « dépendance » de la France vis-à-vis du nucléaire civil russe. La France dépend entièrement de l’importation de l’uranium nécessaire au fonctionnement de son parc nucléaire, qui a assuré plus de 86 % de la production électrique d’EDF dans le pays en 2024, selon cet opérateur.