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Grande-Bretagne : Un homme en garde à vue dix heures pour erreur de reconnaissance faciale.

Un ingénieur logiciel de 26 ans, Alvi Choudhury, a été interpellé en janvier à Southampton en Angleterre en raison d’une erreur de reconnaissance faciale, ce qui l’a conduit à passer près de dix heures en garde à vue avant d’être relâché sans charge. La Thames Valley Police a présenté des excuses pour la détresse causée, tout en affirmant que l’arrestation était légale et non motivée par des préjugés raciaux, tout en admettant que l’erreur « pourrait être due à un biais inhérent à la technologie ».


Un simple robot informatique capable de décider, par erreur, de vos prochaines heures… C’est ce qu’a expérimenté un ingénieur logiciel de 26 ans en janvier à Southampton, en Angleterre. Alvi Choudhury a en effet été arrêté chez lui et menotté devant son père pour un cambriolage survenu à Milton Keynes, à plus de 160 km de distance, en raison d’une erreur de reconnaissance faciale. Il a passé près de dix heures en garde à vue avant d’être libéré sans charge, selon des informations de *The Guardian* rapportées par BFM TV.

Cette arrestation s’est fondée uniquement sur un logiciel de reconnaissance faciale utilisé par la Thames Valley Police. L’algorithme, fourni par le ministère de l’Intérieur britannique, a associé le visage d’Alvi Choudhury à celui d’un suspect sur des images de vidéosurveillance.

### Des différences pour l’âge, le nez, la barbe, les yeux…

Cependant, les différences étaient manifestes d’après le gardé à vue : le suspect sur les images semblait avoir dix ans de moins, sans barbe, avec une peau plus claire, un nez plus large, et des yeux et des lèvres distincts. « Tout était différent sauf les cheveux bouclés », a-t-il déclaré au *Guardian*.

La police affirme que la décision d’arrestation a été confirmée par une évaluation humaine, et ne reposait pas uniquement sur l’algorithme, qui effectue environ 25 000 comparaisons par mois dans une base nationale de 19 millions de photos d’identité judiciaire. Elle a également démenti tout profilage racial, alors qu’une étude commandée par le ministère de l’Intérieur en décembre a révélé des taux de faux positifs nettement plus élevés pour les visages noirs (5,5 %) et asiatiques (4,0 %) comparativement aux visages blancs (0,04 %).

### Des dommages et intérêts demandés

L’erreur a néanmoins une origine : le visage d’Alvi Choudhury était déjà présent dans la base de données suite à une arrestation en 2021 pour une agression dont il avait été victime. Au cours de cette garde à vue en janvier, une nouvelle photo a été prise, augmentant, selon lui, le risque d’erreurs futures. Alvi Choudhury réclame donc des dommages et intérêts ainsi qu’une plus grande transparence concernant les arrestations injustifiées liées à cette technologie.

La Thames Valley Police a présenté des excuses pour la détresse occasionnée, tout en affirmant que l’arrestation était légale et non motivée par des préjugés raciaux. Elle a toutefois reconnu auprès de l’intéressé que l’erreur « pourrait être due à un biais inhérent à la technologie ».