Gaza : Près de 40 ONG menacées, l’UE et l’ONU s’insurgent
Un total de 37 organisations humanitaires sont menacées d’interdiction d’accès à Gaza, jeudi, si elles ne transmettent pas d’ici là le nom de leurs employés palestiniens aux autorités israéliennes. L’Union européenne (UE) a averti Israël que cette suspension empêcherait l’acheminement d’une aide vitale sur un territoire complètement dévasté par deux ans de guerre.
Une annonce mal reçue. Jeudi, 37 organisations humanitaires sont menacées d’interdiction d’accès à Gaza si elles ne communiquent pas d’ici là le nom de leurs employés palestiniens aux autorités israéliennes. Un porte-parole du ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme a confirmé ce mercredi ce chiffre et publié la liste des ONG concernées, parmi lesquelles figurent Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision et Oxfam.
« Ils ne veulent pas fournir la liste de leurs employés palestiniens parce qu’ils savent, comme nous le savons, que certains d’entre eux sont impliqués dans le terrorisme ou liés au Hamas », a déclaré Gilad Zwick. « Théoriquement », ces organisations « auraient pu régler cela » mais « elles n’ont rien fait depuis dix mois. Et ce n’est pas un hasard », a-t-il estimé.
Elles ont encore la possibilité de se conformer d’ici minuit ce mercredi (23 heures en France) pour éviter l’interdiction. Mais « je doute fortement qu’elles fassent soudainement en moins de douze heures ce qu’elles n’ont pas fait en dix mois », a-t-il ajouté. « Elles devront satisfaire pleinement et clairement à tous les critères établis. Pas de passe-droit, pas de combine ».
Les organisations internationales réagissent. Peu auparavant, à Bruxelles, l’Union européenne (UE) avait averti Israël que cette suspension empêcherait l’acheminement d’une aide vitale sur un territoire en grande détresse après deux ans de guerre. « L’UE a été claire : la loi sur l’enregistrement des ONG ne peut pas être appliquée sous sa forme actuelle », a écrit la commissaire européenne Hadja Lahbib sur X. « Tous les obstacles à l’accès [d’aide] humanitaire doivent être levés. »
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a qualifié cette annonce par Israël de « scandaleuse » dans un communiqué, avertissant que « de telles suspensions arbitraires aggravent encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza ». « Il s’agit du dernier épisode d’une série de restrictions illégales à l’accès humanitaire », a-t-il déclaré, faisant notamment référence à l’interdiction imposée par Israël à l’UNRWA, l’agence onusienne qui vient en aide aux réfugiés palestiniens.
Pour Israël, cette nouvelle réglementation vise à empêcher des « acteurs hostiles ou des soutiens du terrorisme » d’opérer dans les territoires palestiniens. Le ministère accuse notamment directement MSF d’avoir employé des individus « entretenant des liens avec des organisations terroristes ». Contactée par l’AFP, l’ONG a réagi en affirmant qu’elle « n’emploierait jamais sciemment des personnes engagées dans des activités militaires ».

