« Garder la tête froide », « Sans les Russes, cela ne serait pas arrivé »: la position de la Belgique après le tragique événement en Pologne

Ce mardi soir, la guerre entre l’Ukraine et la Russie s’est fortement emballée. Et pour cause : un missile a fait deux morts dans le petit village de Przewodow, à la frontière avec l’Ukraine. Rapidement, la Russie a été visée comme étant le coupable de cette attaque. Ce que le Kremlin a démenti dans la foulée.

Aujourd’hui, il semble que cette erreur soit attribuée à l’Ukraine mais le missile serait très probablement de fabrication russe. Une chose est certaine : on ne sait pas encore avec certitude qui est le responsable de cette attaque.

« L’heure est à la prudence »

Après l’emballement et l’émotion, les différents pays, les États-Unis en tête, ont appelé au calme. Ce mardi soir, Alexander De Croo a rapidement tweeté sans avoir tous les éléments en mains. Ce mercredi, c’est Hadja Lahbib (MR) qui s’est exprimé à propos de la situation. « Notre position est d’être profondément solidaire avec la Pologne », a commencé la ministre des Affaires étrangères aux micros de RTL. « J’ai présenté mes condoléances aux familles des victimes de cette guerre qui a déjà fait trop de morts, en Ukraine, en Russie et maintenant en Pologne. « 

Pour l’ancienne journaliste, il faut rester extrêmement prudent. « L’escalade est inquiétante et en même temps, il faut garder la tête froide car nous n’avons pas encore toutes les réponses à de nombreuses questions qui seront déterminantes pour décider de la suite à donner à cette explosion. Qui a lancé le missile ? Si on se dirige pour l’instant vers un missile russe, il pourrait aussi s’agir d’un missile anti-aérien ukrainien. »

Hadja Lahbib veut en tout cas laisser les différents enquêteurs faire leur travail. Ensuite, les membres de l’OTAN prendront une décision. « Beaucoup de questions doivent encore trouver une réponse pour déterminer l’action des membres alliés de l’OTAN. L’heure est à la retenue, à la prudence. C’est le sens de tous les messages, y compris celui du président polonais. On ne connaît pas encore la nature du missile donc on attend. » Ce qui ne signifie pas du tout que les états membres de l’OTAN entreront en guerre comme nous l’expliquait ce matin Tanguy Struyle.

« Une analyse approfondie »

Mardi soir, Alexander De Croo avait très rapidement réagi suite à l’attaque. « La Belgique condamne fermement l’incident survenu sur le territoire polonais et adresse ses plus sincères condoléances à la famille des victimes et au peuple polonais. La Belgique est aux côtés de la Pologne. Nous faisons tous partie de la famille de l’OTAN qui est plus que jamais unie et équipée pour nous protéger tous », avait-il déclaré.

Un commentaire qui n’avait pas plu à tout le monde, surtout à propos de la protection de l’OTAN. Ce mercredi matin, l’homme politique a été un peu plus prudent. « Tout d’abord, il convient de procéder à une analyse approfondie de ce qui s’est exactement passé, après quoi nous pourrons voir quelle pourrait être la réponse appropriée », a-t-il déclaré au micro de l’émission « De Ochtend » sur Radio 1 (VRT). Il a également admis que les nombreux missiles envoyés sur l’Ukraine et plus particulièrement Kiev auraient pu entraîner de nombreux tirs anti-aériens. « Cette combinaison pourrait bien avoir provoqué une explosion. Mais il n’y aurait pas de tirs anti-aériens sans les attaques russes », a-t-il surenchéri.

Dans un tweet, Ludivine Dedonder a confirmé cette version. « Selon les infos actuelles, les frappes en #Pologne pourraient être le résultat des systèmes de défense anti-aérien ukrainiens », a assuré la ministre belge de la Défense. « Des débris de missiles russes et d’un missile anti-aérien ukrainien auraient atterri en Pologne. Ceci doit encore être confirmé par l’analyse en cours. »

Ce mercredi, une réunion entre les ambassadeurs de l’OTAN aura lieu. Son but principal : partager les informations et faire la lumière sur ce tragique événement. Pour Alexander De Croo, l’objectif de cette réunion serait également de prendre des mesures visant à prévenir de tels incidents. « Même s’il est encore trop tôt pour y donner suite », a poursuivi le libéral. Tout en ajoutant qu’après concertation avec la Défense, la Belgique ne pouvait rien faire de spécifique en ce moment. Mais que le pays se tenait prêt à aider en cas de besoin.