Frank-Walter Steinmeier réélu à la présidence de l’Allemagne

Le chef de l’État allemand, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, a été réélu dimanche pour cinq ans à ce poste essentiellement honorifique, où il doit incarner une autorité morale dépassant les clivages partisans. En poste depuis mars 2017, l’ancien chef de la diplomatie allemande, âgé de 66 ans, a été choisi à une large majorité par un collège électoral spécialement constitué, réunissant les députés nationaux, un grand nombre d’élus locaux, d’anciens dirigeants allemands, ainsi que certaines personnalités de la société civile. Au total, ce collège compte 1 472 personnes.

Lors du premier tour du scrutin, il a en effet obtenu 1 045 voix sur les 1 425 correctement exprimées.

En Allemagne, le poste de président est essentiellement cérémoniel. Il n’a en effet pratiquement aucun pouvoir politique. Le chef de l’État doit être au-dessus des partis.

M. Steinmeier avait le soutien du SPD et des deux autres partis au pouvoir, le FDP libéral et les Verts. Il a également reçu des voix du bloc conservateur de la CDU et de la CSU. Il y est vu comme quelqu’un qui crée la cohésion dans la démocratie.

Peu après sa réélection, le chef de l’État allemand a estimé dimanche que Moscou portait « la responsabilité » d’un risque de « guerre » en Europe du fait des tensions autour de l’Ukraine.

Diplomate de carrière jugé à l’origine trop pâle par certains pour la fonction, Frank-Walter Steinmeier a gagné en carrure au fil de ses cinq dernières années.

Son mandat a été marqué par les attaques répétées contre la démocratie, après l’entrée de l’extrême droite au Bundestag en 2017, en passant par des attentats meurtriers racistes ou encore l’émergence d’une mouvance conspirationniste en partie violente opposée aux restrictions pour lutter contre la pandémie.

Cet homme avenant issu d’un milieu ouvrier s’est fait le chantre du dialogue -il organise régulièrement des rencontres avec des concitoyens- et du maintien de la cohésion sociale.

« Nous n’avons pas à tous être du même avis dans une démocratie. Mais nous sommes un pays et nous voulons encore vivre ensemble après la pandémie […]« , a-t-il déclaré fin 2021.