Ethiopie: 10 morts dans deux frappes aériennes au Tigré

Dix personnes ont été tuées par deux bombardements aériens sur la capitale de la région du Tigré, Mekele, selon un responsable d’hôpital, peu après que les autorités rebelles de la région ont ouvert la porte à un cessez-le-feu et des négociations de paix avec le gouvernement éthiopien. Vers 07h00 heure locale (04h30 GMT), deux frappes de drones ont atteint une « zone résidentielle » et le bilan est de « 10 morts », a déclaré à l’AFP Kibrom Gebreselassie, un responsable de l’hôpital Ayder Referral.

Trois autres personnes ont « besoin d’une intervention chirurgicale d’urgence », a également affirmé M. Gebreselassie sur Twitter.

L’attaque a touché un quartier résidentiel de Mekele et « tué et blessé des civils innocents », avait tweeté un peu plus tôt, sans fournir plus de détails, Getachew Reda, un porte-parole des autorités rebelles issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui combat le gouvernement éthiopien depuis près de deux ans.

Fasika Amdeslasie, un chirurgien de l’hôpital Ayder Referral, avait écrit sur Twitter qu’au moins deux femmes avaient été blessées lors du premier bombardement.

L’AFP n’a pu vérifier ces bilans auprès d’autres sources, les accès au Tigré, en guerre depuis novembre 2020, étant très restreints et les communications dans la région très difficiles.

Il s’agit selon les autorités rebelles tigréennes de la deuxième salve de frappes aériennes éthiopiennes sur Mekele en deux jours. Mardi, elles avaient accusé l’Éthiopie d’avoir bombardé avec un drone l’université de Mekele, faisant des blessés et endommageant des bâtiments.

Le gouvernement éthiopien du Premier ministre Abiy Ahmed n’a pas répondu à ces accusations.

Le Tigré, région située dans le nord de l’Ethiopie, a été visé par plusieurs frappes aériennes depuis la reprise des combats le 24 août dans le Nord de l’Éthiopie, qui a fait voler en éclat cinq mois de trêve entre l’Éthiopie et ses alliés d’un côté, le TPLF de l’autre.

Ce conflit dans le nord de l’Éthiopie a éclaté en novembre 2020, quand Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019, a envoyé l’armée fédérale au Tigré déloger les autorités dissidentes de la région, les accusant d’avoir attaqué des bases militaires.

Initialement défaites, les forces rebelles ont repris le contrôle de la majeure partie de la région courant 2021, lors d’une contre-offensive qui a débordé en Amhara et en Afar. Elles se sont ensuite repliées vers le Tigré.