International

Etats-Unis : Trump contesté, Américains tués… Fin des opérations de l’ICE à Minneapolis ?

Donald Trump a choisi de mettre fin à l’opération de l’ICE à Minneapolis, après deux mois de contestation et la mort de deux Américains abattus par des agents fédéraux. Tom Homan a précisé qu’un petit nombre de personnes allait rester sur place pour assurer la transition vers le bureau local et diminuer l’activité des agitateurs.


Confronté à une indignation grandissante face aux pratiques de la police de l’immigration (ICE), Donald Trump se trouvait partagé entre la nécessité d’une « approche plus délicate » et celle d’une position « dure » dans l’application de sa politique migratoire. Au final, à Minneapolis, c’est la voie de l’apaisement qui a été retenue après deux mois de protestations et le décès de deux Américains abattus par des agents fédéraux.

« J’ai proposé, et le président Trump a accepté, que cette opération (de l’ICE dans cette ville du nord des États-Unis) prenne fin », a déclaré jeudi l’émissaire de Donald Trump, Tom Homan. « Une réduction significative (des effectifs policiers) est déjà mise en œuvre cette semaine et continuera la semaine prochaine. »

Depuis décembre, plusieurs milliers de policiers fédéraux, souvent masqués, ont multiplié les raids antimigrants et les arrestations, provoquant la révolte de nombreux habitants de cette ville, bastion démocrate qui est devenu l’épicentre de l’opposition à la politique migratoire répressive du président américain.

Suite à l’annonce de Tom Homan, le maire démocrate de la ville, Jacob Frey, a fait part de son « espoir », tandis que le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, du même camp politique, s’est dit « prudemment optimiste ».

Le mouvement contestataire s’est intensifié en janvier après la mort de deux citoyens américains, tués par balle en pleine rue par des agents fédéraux, avec moins de trois semaines d’intervalle : Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge. Leur décès a provoqué l’indignation à Minneapolis et à travers le pays, particulièrement lorsque l’administration Trump les a qualifiés de « terroristes ». L’ancien président démocrate Barack Obama a appelé à un « sursaut » face aux « attaques » menées contre les valeurs américaines.

Bien que l’opération d’envergure s’achève, Tom Homan a indiqué qu’il allait rester à Minneapolis « un peu plus longtemps » pour superviser sa conclusion. « Un petit nombre de personnes restera sur place pendant un certain temps » pour « transférer le commandement et le contrôle au bureau local » et « s’assurer que l’activité des agitateurs continue de diminuer », a-t-il ajouté, sans préciser le nombre d’agents concernés.

Avant Minneapolis, d’autres villes démocrates comme Los Angeles et Chicago avaient été ciblées par des offensives similaires. La liste pourrait encore s’allonger, mais Tom Homan est resté vague jeudi, évoquant seulement un redéploiement des agents « vers leurs bases ou d’autres endroits du pays où ils sont nécessaires ». « Nous allons continuer à faire respecter la législation migratoire », a insisté l’émissaire, qui avait annoncé le retrait de 700 agents fédéraux sur environ 3 000 une semaine plus tôt.