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États-Unis : l’« arme sonique » contre Nicolás Maduro expliquée.

Les Etats-Unis ont mené l’opération « Absolute Resolve » qui a permis la capture du président Nicolás Maduro au Venezuela. Selon les bilans officiels, 55 militaires cubains et vénézuéliens auraient été tués lors de cette opération.


Les États-Unis ont-ils recouru à une mystérieuse « arme sonique » lors de l’opération « Absolute Resolve », qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro au Venezuela ? « Personne d’autre ne l’a, nous avons des armes que personne ne connaît », a déclaré Donald Trump lors d’une interview avec la chaîne NewsNation, avant d’ajouter : « C’est probablement mieux de ne pas en parler, mais nous avons des armes extraordinaires. »

Cette allégation, largement partagée sur les réseaux sociaux, tire ses origines d’une publication sur X par Mike Netter, un commentateur politique critique envers le gouverneur démocrate de Californie. Dans son message, il propose une retranscription en anglais d’une vidéo en espagnol publiée sur TikTok par un utilisateur nommé « Varela News ». Les déclarations proviennent d’un supposé membre des forces de sécurité vénézuéliennes ayant participé aux combats à Caracas.

« À un moment donné, ils ont lancé quelque chose… je ne sais pas comment le décrire… c’était comme une onde sonore très intense. J’ai soudain eu l’impression que ma tête explosait de l’intérieur. On a tous commencé à saigner du nez. Certains vomissaient du sang. On est tombés au sol, incapables de bouger », a expliqué l’interlocuteur, mentionnant des « centaines de morts ». Selon les bilans officiels, 55 militaires cubains et vénézuéliens auraient été tués lors de cette opération.

« On était tellement tétanisés qu’on ne pouvait même plus se relever après cette arme sonique, ou je ne sais quoi », a encore déclaré le garde présumé. Malgré l’absence de preuves tangibles et un bilan humain qui semble douteux, l’information a été relayée par la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, qui a commenté : « Arrêtez ce que vous êtes en train de faire et lisez ça. »

Le média The War Zone a alors mené son enquête, interrogeant le Pentagone et le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM), qui ont choisi de ne pas commenter. Quelle est donc la réalité derrière cette « arme sonique » ? Ce terme englobe diverses catégories d’armes à énergie dirigée (AED), généralement non létales, utilisées pour le maintien de l’ordre, comme les dispositifs de harcèlement acoustique tels que le cannon à son Long-range Acoustic Device (LRAD). Les effets sur la santé humaine demeurent controversés. Amnesty International recense des symptômes tels que « maux de tête, vertiges, troubles respiratoires, oppression thoracique, accélération du rythme cardiaque… » et met en garde contre des « séquelles durables » pour certains manifestants.

D’autres types d’armes à énergie dirigée, utilisant des ondes électromagnétiques ou des lasers, existent. Par exemple, l’Active Denial System (ADS), conçu par l’armée américaine, est utilisé pour disperser les foules en provoquant une sensation de brûlure au contact de la peau, ce qui ne semble pas correspondre aux symptômes rapportés par le témoignage anonyme.

Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, tempère en affirmant que « l’utilisation de ces armes est limitée et on n’en voit pas l’utilité dans l’opération dont on parle ». Il préfère se fier aux analyses de l’opération menée par l’armée américaine pour tirer des conclusions plus pertinentes. « Les Américains ont réussi à neutraliser tout le système de commandement et de défense vénézuélien d’un seul coup avec probablement une arme assez puissante pour bloquer tout ça », explique-t-il, suggérant que pour « griller » le système central, une arme à énergie dirigée ou un « système de brouillage très concentré et très important » aurait pu être mobilisé.

Dominique Trinquand admet que ces armes peuvent avoir des effets secondaires. « L’utilisation d’ondes, en fonction de l’intensité, de la proximité avec la cible visée, cela peut avoir des conséquences sur les personnes », dit-il, tout en restant sceptique face à ce témoignage isolé. Il envisage la possibilité d’une intoxication de l’administration Trump pour instiller la peur, suggérant qu’il s’agit d’une stratégie visant à « en dire suffisamment pour créer le questionnement, mais pas assez pour que l’on sache ce que c’est. »