Erdogan exige de l’armée syrienne qu’elle se retire loin des postes d’observation turcs à Idleb

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi les forces gouvernementales syriennes à se retirer au-delà des postes d’observation turcs dans la province syrienne d’Idleb (nord-est) d’ici la fin du mois.

Disant en avoir parlé mardi soir au président russe Vladimir Poutine, il a dit espérer devant des députés de son parti, l’AKP, « que le régime (syrien) se retirera de nos points d’observation en février. La République de Turquie sera obligée de s’en charger si le régime ne le fait pas ».

Les forces aériennes et terrestres de la Turquie se déplaceront librement et mèneront des opérations si nécessaire dans toutes les zones d’opération en Syrie, dont la province d’Idleb, a averti Erdogan.

« Les attaques contre nos soldats constituent pour la Turquie un tournant en Syrie », a-t-il ajouté, faisant référence à une récente attaque de l’armée syrienne contre des positions turques qui a tué sept soldats turcs.

« Le gouvernement syrien viole le cessez-le-feu à Idleb », a accusé le président turc, ajoutant que « pour l’heure, nous constatons que les zones de sécurité ne fonctionnent ni à Idleb, ni dans la zone de l’opération Source de paix », lancée en octobre dernier par Ankara dans le nord de la Syrie.

« Plus comme avant »

« Nous riposterons sans aucun avertissement à toute nouvelle attaque contre nos militaires ou contre les combattants (rebelles syriens) avec lesquels nous coopérons », a prévenu Erdogan.

« Deux de nos 12 postes d’observation se trouvent derrière les lignes du régime. Nous espérons que le régime se retirera au-delà de nos postes d’observation avant la fin du mois de février. Si le régime ne se retire pas, la Turquie sera dans l’obligation de s’en charger », a déclaré mercredi Erdogan.

A Damas, le ministère des Affaires étrangères a qualifié ces propos de « tromperie et mensonges ».

A New York, des diplomates ont indiqué que le Conseil de sécurité de l’ONU tiendrait jeudi une réunion d’urgence sur les évènements à Idleb, sur demande de Washington, Paris et Londres.

Le ministère turc de la Défense a déclaré qu’au moins sept soldats turcs et un civil avaient été tués lundi dans la province d’Idleb lors d’une attaque menée par les forces gouvernementales syriennes. Les médias officiels syriens ont nié qu’il y ait eu des victimes.