Enquête russe: le Congrès espère entendre le procureur Mueller, Trump se dit contre

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Donald Trump ne veut finalement pas que le Congrès entende le procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016, estimant dimanche que l’opposition démocrate voulait « refaire » une enquête qui l’a blanchi. « Après avoir dépensé plus de 35 millions de dollars en deux ans, interrogé 500 personnes, en se servant de 18 démocrates en colère et qui détestent Trump et de 49 agents du FBI – tout ça culminant dans un rapport de 400 pages ne montrant PAS DE COLLUSION – pourquoi les démocrates au Congrès ont maintenant besoin de faire témoigner Robert Mueller », s’est-il interrogé sur Twitter.

« Est-ce qu’ils cherchent à refaire (l’enquête) parce qu’ils détestent voir le gros PAS DE COLLUSION en conclusion? », a-t-il ajouté. « Bob Mueller ne devrait pas témoigner », a conclu le président.

Plus tôt, le membre démocrate la Commission judiciaire de la Chambre des représentants, David Cicilline, avait affirmé que le procureur Mueller pourrait être entendu le 15 mai.

« Une date de principe a été fixée au 15 mai et nous espérons que le procureur spécial viendra », a déclaré sur Fox News l’élu, précisant ensuite qu’aucun accord n’avait été finalisé à ce stade avec l’ex-chef du FBI.

« C’est la date que la Commission a proposée et nous espérons que le procureur spécial l’acceptera », a-t-il tweeté.

Revirement

Vendredi, M. Trump avait pourtant affirmé ne pas avoir d’opinion sur une éventuelle audition de Robert Mueller, laissant le soin au ministre de la Justice Bill Barr, patron du procureur, de décider.

Mi-avril, le ministre avait pour sa part indiqué qu’il ne voyait « pas d’objection » à une audition du procureur spécial.

L’audition de Robert Mueller est très attendue tant son rapport après 22 mois d’enquête, dont une version expurgée a finalement été rendue publique, a fait l’objet de spéculations.

Dans un résumé du document publié fin mars, le ministre de la Justice Bill Barr indiquait que M. Mueller n’avait pas trouvé de preuves de collusion entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016.

Quant aux soupçons d’entrave à la justice de la part de Donald Trump pour faire capoter l’enquête, M. Barr avait estimé qu’il n’existait pas de preuves suffisantes pour des poursuites, précisant qu’il s’agissait de sa décision car M. Mueller n’avait pas tranché sur ce point.

M. Trump a crié victoire, s’estimant totalement exonéré des accusations portées contre lui et ses proches, mais les démocrates estiment qu’il n’a pas été blanchi dans le volet d’entrave à la justice.

Après la publication d’une version expurgée du rapport, Bill Barr a défendu sa décision mercredi devant une commission du Sénat, contrôlée par les républicains.

Mais il a refusé de se rendre le lendemain à une audition de la commission judiciaire de la chambre basse, à majorité démocrate.

Le ministre refuse également de livrer à cette commission une version non-expurgée du rapport du procureur.

Dans un courrier rendu public cette semaine, le procureur Mueller a fait part à Bille Barr de son mécontentement sur la façon dont il avait présenté son travail.

Il a en particulier estimé que le document de M. Barr ne traduisait pas « le contexte, la nature et la substance » de son enquête.