Élections en RDC: Martin Fayulu et Félix Tshisekedi refusent de signer un « acte d’engagement pour la paix »

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Les deux principaux candidats de l’opposition congolaise ont refusé de signer « un acte d’engagement pour la paix » accepté par leur rival de la majorité et la commission électorale, samedi, à quelques heures des élections en République démocratique du Congo.

Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, les deux opposants au pouvoir en place, estiment que leurs amendements n’ont pas été pris en compte dans ce texte qui doit prévenir les violences post-électorales. Les deux opposant promettent de revenir à 19h00 (18h00 GMT) « pour signer l’acte d’engagement qui intégrent les amendements », a déclaré M. Fayulu à l’AFP. Les trois principaux candidats à l’élection présidentielle en République démocratique du Congo s’étaient retrouvés samedi dans un hôtel à Kinshasa.

Le dauphin du président Joseph Kabila, l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, a rejoint dans une salle de réunion les deux principaux candidats de l’opposition, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, arrivés avant lui. Le président de la Céni, Corneille Nangaa, et des représentants de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sont également présents.

Des inquiétudes

Des discussions avaient commencé la veille entre M. Fayulu, les représentants des deux autres candidats et M. Nangaa, en présence de médiateurs de la SADC. « On nous a appelés pour signer un engagement selon lequel nous allons nous comporter correctement avant, pendant et après le processus électoral », avait annoncé le candidat d’opposition Martin Fayulu, qui souhaitait que la Céni signe aussi.

Avant cette rencontre, un office oecuménique pour la paix a été célébré par les représentants des deux principales confessions de la RDC, la Conférence épiscopale catholique (Cenco) et l’Eglise du Christ du Congo (ECC, protestante). M. Fayulu participait à la cérémonie, de même que le représentant de l’Union européenne (UE), le Belge Bart Ouvry, quelques heures avant son départ contraint. Il a été sommé jeudi par les autorités congolaises de quitter la RDC dans les 48 heures.

« La divergence d’idées pas une raison pour mettre le feu au pays »

« Des inquiétudes planent encore sur nos têtes et la peur couve dans nos cours », a déclaré l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo. « La divergence d’idées n’est pas une raison pour mettre le feu au pays ».

Le chef de l’ECC André Bokundowa a encouragé la Céni « à organiser les élections demain dimanche sur toute l’étendue de la République ». Le scrutin a été reporté dans trois zones dont Beni-Butembo, victimes d’Ebola et de violences.