E-mails et photos réactivent les soupçons contre l’ex-prince Andrew dans l’affaire Epstein.
Des e-mails et photos publiés par le ministère américain de la Justice font référence à Andrew Mountbatten-Windsor, 65 ans, qui a été décrié pour son amitié avec Jeffrey Epstein, ce dernier s’étant suicidé en prison en 2019. Ces nouveaux documents révèlent qu’Andrew avait invité Epstein au palais de Buckingham en septembre 2010, alors que l’assignation à résidence d’Epstein venait d’être levée en août.
De nouveaux documents concernant Jeffrey Epstein, un criminel sexuel américain, aggravent la situation du prince Andrew, frère du roi Charles III. Une photographie le montre à quatre pattes au-dessus d’une femme, accompagnée d’une invitation au palais de Buckingham. Les e-mails et photos, diffusés vendredi par le ministère américain de la Justice, mentionnent à nouveau Andrew Mountbatten-Windsor, âgé de 65 ans, qui a perdu tous ses titres royaux en octobre à cause de son amitié avec Epstein, qui s’est suicidé en prison en 2019.
Cette relation a conduit Andrew, accusé d’agressions sexuelles mais se déclarant innocent, à être déchu de ses titres royaux et à quitter sa maison de Royal Lodge à Windsor. Les documents incluent trois photographies non datées de l’ancien prince, à quatre pattes au-dessus d’une femme allongée sur le sol. Sur l’une des photos, il regarde la caméra et pose sa main sur l’abdomen de la femme, qui est habillée, tandis que son visage est flouté sur les deux autres images.
On trouve également un échange d’e-mails daté des 11 et 12 août 2010, soit environ deux ans après la condamnation d’Epstein pour avoir eu recours à des prostituées mineures, dans lequel Epstein propose de présenter une femme russe d’une vingtaine d’années à un certain « A ». Il mentionne qu’une amie, qui pourrait les intéresser, sera à Londres du 20 au 24 août, s’adressant à un « Duc ». Andrew répond qu’il sera à Genève le 22 août, mais qu’il serait « ravi de la voir », demandant à Epstein de donner ses coordonnées à cette femme, tout en réclamant plus d’informations. Epstein précise qu’il s’agit d’une femme russe de 26 ans, « intelligente, belle, digne de confiance », sans qu’il soit vérifié si cette rencontre a eu lieu.
La parution en octobre des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, qui accuse Andrew d’agression sexuelle à plusieurs reprises alors qu’elle était mineure, a provoqué une onde de choc au Royaume-Uni, où l’ancien prince n’avait plus de fonction publique depuis 2019. Sa chute a été accentuée par des révélations médiatiques concernant des échanges avec Epstein après décembre 2010, date à laquelle Andrew a affirmé avoir coupé les ponts avec lui.
Son ancienne épouse, Sarah Ferguson, a également été critiquée pour ses relations avec Epstein. Dans un e-mail daté d’août 2009, elle déclare au milliardaire qu’il est « le frère qu’elle a toujours rêvé d’avoir ». Les nouveaux documents montrent également qu’Andrew avait invité Epstein au palais de Buckingham en septembre 2010, peu après la levée de son assignation à résidence en août.
Le 27 septembre, Epstein, en visite à Londres, contacte Andrew pour dire qu’ils « devraient passer du temps en privé ». Le prince répond qu’ils pourraient dîner à Buckingham Palace et avoir « beaucoup de temps en privé ». Deux jours plus tard, il ajoute qu’il est content de l’accueillir à Buckingham Palace, se rendant disponible entre 16 heures et 20 heures, sans preuve que cette rencontre a eu lieu.
D’autres e-mails révélent qu’Epstein a transféré 10 000 livres (environ 11 500 euros) en 2009 au compagnon de Peter Mandelson, une personnalité du parti travailliste britannique, qui a été démis de ses fonctions d’ambassadeur l’année dernière en raison de ses liens avec Epstein. Reinaldo Avila da Silva, aujourd’hui époux de Mandelson, aurait reçu cette somme pour couvrir des frais médicaux. Cet échange s’est produit alors que Mandelson était ministre du Commerce, et après la condamnation d’Epstein à Miami.
En 2022, une action en justice de Virginia Giuffre contre Andrew s’est conclue par un accord amiable de plusieurs millions de livres, sans reconnaissance de culpabilité de sa part. Virginia Giuffre s’est suicidée en avril dernier en Australie.

