Deux mosquées attaquées en Nouvelle-Zélande: des dizaines de morts et de blessés

Deux mosquées de Christchurch, dans le sud de la Nouvelle-Zélande, ont été visées vendredi 14 mars par des attaques terroristes qui ont fait 40 morts et 20 blessés graves. Quatre personnes liées à l’extrême droite ont été arrêtées.

C’est l’un des jours les plus sombres de l’histoire du pays, selon la Première ministre Jacinda Ardern qui dénonce une attaque terroriste méticuleusement planifiée. Deux mosquées du centre-ville de Christchurch, dans le sud de la Nouvelle-Zélande, ont été la cible d’attaques, vendredi 15 mars, faisant 40 morts et une vingtaine de blessés. Quatre personnes faisant partie des milieux extrémistes ont été interpellées par la police, mais aucune d’entre elles ne faisait l’objet d’une surveillance particulière.

Un manifeste de 74 pages contre les migrants

Le principal suspect de ces attaques est un Australien dont l’identité n’a pas été révélée. Ce dernier, qui serait agé de 28 ans, a revendiqué l’attaque expliquant ses motivations dans un manifeste de 74 pages contre les migrants.

« Quatre personnes sont en garde à vue, trois hommes et une femme », a déclaré le commissaire Mike Bush, précisant que l’armée avait désamorcé des engins explosifs retrouvés sur les véhicules des suspects qui ont depuis été sécurisés.

« Les décès, pour ce que nous en savons, sont survenus dans deux endroits, une mosquée sur Deans Avenue et une autre mosquée sur Linwood Avenue », avait annoncé un peu plus tôt le commissaire Mike Bush. En ce jour de prière pour les musulmans, la police demande aux fidèles d’éviter les mosquées « partout en Nouvelle-Zélande », a-t-il ajouté.

Un grand périmètre dans cette ville de l’île du Sud a été bouclée par les forces de l’ordre. « La police répond au maximum de sa capacité pour affronter la situation, mais les risques restent extrêmement élevés », a-t-elle prévenu dans un communiqué.

Au moment de la fusillade, la mosquée Masjid al Noor, sur l’avenue Deans, était remplie de fidèles, dont les membres de l’équipe nationale de cricket du Bangladesh. Ceux-ci sont ressortis indemnes.

Un témoin a raconté au site internet d’information Stuff.co.nz qu’il était en train d’y prier quand il a entendu des tirs. En prenant la fuite, il a vu sa femme morte devant l’édifice religieux.

Un autre homme a dit avoir vu des enfants se faire abattre. « J’avais des corps partout sur moi ».

Un témoin a expliqué à Radio New Zealand qu’il avait entendu des coups de feu et vu quatre personnes gisant au sol, « avec du sang partout ».

– Ecoles bouclées –

Selon des informations non confirmées, le tireur portait des vêtements d’allure militaire.

Le commissaire Bush a expliqué que toutes les écoles de la ville avaient été bouclées. « La police appelle tous ceux qui sont présents dans le centre de Christchurch à ne pas descendre dans la rue et à signaler tout comportement suspect ».

Des bâtiments publics comme la bibliothèque centrale étaient aussi fermés.

La municipalité a ouvert une ligne de téléphone d’urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à une marche contre le changement climatique non loin de là.

« Ne tentez pas de venir chercher vos enfants avant que la police ne dise que les gens peuvent se rendre dans le centre-ville en toute sécurité », a averti la municipalité.

Aucune information officielle sur le nombre exact de victimes n’était disponible en fin d’après-midi.

Selon un porte-parole de l’équipe de cricket du Banglasdesh, un sport extrêmement populaire dans ce pays, aucun des joueurs venus jouer un match en Nouvelle-Zélande n’a été blessé.

« Ils sont en sécurité. Mais ils sont en état de choc. Nous avons demandé à l’équipe de rester confinée dans son hôtel », a-t-il dit à l’AFP.

La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa faible criminalité. Dans ce pays, « l’usage d’armes à feu pour commettre des crimes reste un événement rare », écrit ainsi le département d’Etat américain dans ses conseils aux voyageurs.

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