Désaveu pour Macron : la candidature de la Française Sylvie Goulard rejetée par les eurodéputés, l’Elysée dénonce un « jeu politique » (Mise à jour)

Le Parlement européen, appelé à valider les candidats commissaires européens, a définitivement rejeté jeudi la candidature de la Française Sylvie Goulard. Elle devait détenir le portefeuille du Marché intérieur et de l’Industrie de la Défense dans la nouvelle Commission européenne.

Parmi les eurodéputés appelés à s’exprimer, 82 ont voté contre sa candidature, 29 pour et un s’est abstenu, a appris l’AFP auprès de sources parlementaires.

En matinée, Mme Goulard s’était une nouvelle fois présentée devant les élus des deux commissions pour tenter de les convaincre de sa capacité à assumer un poste de commissaire dans l’exécutif de l’Allemande Ursula von der Leyen.

La taille du portefeuille brigué par la commissaire désignée par la France et des questions sur son intégrité avaient toutefois à nouveau occupé le devant de la scène.

Deux enquêtes sont en cours, l’une par la justice française, l’autre par l’office anti-fraude de l’UE (Olaf), sur la participation de Mme Goulard à un système d’emplois fictifs pour son parti, le MoDem (centre).

Des interrogations avaient également été émises par de nombreux élus sur les activités ayant justifié d’importantes rémunérations obtenues par la Française entre 2013 et 2016 de l’institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen.

Désaveu pour Emmanuel Macron

Pour Emmanuel Macron, le rejet de la candidate française est synonyme de désaveu. Il se murmure que le président français avait pourtant appelé Angela Merkel pour qu’elle tente d’influencer les membres du Parti populaire européen (PPE). Mais ces derniers gardent en travers de la gorge le fait qu’Emmanuel Macron s’était opposé à l’un des leurs, Manfred Weber, pour les postes de président de la Commission ou du Parlement européen.

L’Elysée a estimé que la candidate de la France avait « fait l’objet d’un jeu politique qui touche la Commission européenne dans son ensemble ».

« Le président échangera avec (la présidente de la Commission) Ursula von der Leyen pour examiner les suites à donner, dans le respect du portefeuille attribué à la France », ajoute la présidence française.