Début du procès de Julian Assange qui risque jusqu’à 175 ans de prison

Le fondateur de WikiLeaks doit se défendre pour éviter l’extradition vers les États-Unis.

Le processus d’extradition de Julian Assange vers les États-Unis a débuté lundi à Londres devant la Cour de la Couronne de Woolwich (sud-est de Londres). Réclamé par la justice américaine pour avoir publié une masse d’informations classifiées, le fondateur de WikiLeaks va s’efforcer lors de ces audiences de convaincre la justice britannique de refuser de l’extrader vers les États-Unis. Cinq audiences sont actuellement prévues, jusqu’au 28 février. Les autres seront ensuite ajournées pour reprendre le 18 mai.

Personnage controversé, Assange a été arrêté en juin dernier et placé dans l’établissement pénitentiaire de Belmarsh, à Londres, après avoir été extrait de l’ambassade d’Équateur où il s’était réfugié, déguisé en coursier, le 19 juin 2012. Il était alors sous le coup de poursuites pour viol et agression sexuelle en Suède.

Des documents classifiés

Depuis 2010 et les premières accusations, Julian Assange martèle sa crainte première : être extradé vers les États-Unis. Ces derniers lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources en publiant sur sa plateforme WikiLeaks près de 250 000 câbles diplomatiques et 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Depuis mai dernier, l’Administration Trump a décidé de mobiliser 18 chefs d’inculpation contre Julian Assange, dont 17 tombent sous le coup de l’Espionnage Act pour pouvoir le juger directement sur place.

Il risque jusqu’à 175 ans de prison

L’Australien de 48 ans risque alors jusqu’à 175 ans de prison s’il est condamné aux États-Unis.

Néanmoins, outre les relations exécrables entre WikiLeaks, site spécialisé dans la publication de documents secrets, et les États-Unis, Julian Assange a déclaré lors d’une audience préliminaire qu’il refusait de se « soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens ». La plateforme avait en effet publié en 2016, à un moment clé de la campagne présidentielle américaine, des milliers de courriels piratés du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton, qui ont contribué à fragiliser la candidate.

Attaché à ses convictions, le champion de la liberté d’informer a affirmé en marge des audiences qui ont débuté lundi qu’il avait alors agi en tant que journaliste et invoqué le premier amendement de la Constitution américaine, qui consacre, entre autres, la liberté de la presse. Ainsi, bénéficiant de nombreux soutiens, parmi lesquels des organisations comme Amnesty International, Julian Assange est déterminé à se battre contre ces poursuites qu’il juge politiques et souhaite demander l’asile politique à la France.

La justice britannique va devoir déterminer lors des prochaines audiences si la demande d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec des droits de l’homme.