De jeunes Allemands réduits en « esclavage » en Roumanie, selon la justice

Europe

Une structure éducative accueillant des adolescents allemands dans la campagne roumaine pour des séjours de réinsertion est gravement mise en cause par des accusations de mauvais traitements infligés durant plusieurs années à ses jeunes pensionnaires, a indiqué mardi le parquet de Bucarest.

La justice roumaine a mené mardi des perquisitions aux domiciles de huit personnes, dont le couple d’Allemands responsables du centre, dans le cadre d’une enquête les visant pour avoir réduit des adolescents, âgés de 12 à 18 ans, à une condition proche de « l’esclavage » en leur infligeant « des traitements humiliants et dégradants » et « de graves violences », selon les termes du parquet spécialisé chargé de la criminalité organisée.

La structure mise en cause accueillait depuis plusieurs années des adolescents allemands pour des séjours de réinsertion sociale dans la région rurale du Maramures (nord). Le centre travaillait avec des habitants de la localité auxquels les jeunes étaient confiés pour différentes activités.

Selon le site internet du programme baptisé « Projekt Maramures », le public était constitué de mineurs pour lesquels « aucune structure sociale ne serait adéquate en Allemagne » et souffrant de troubles du comportement ou de dépendance à la drogue. Le centre explique organiser des activités « éducatives et récréatives, au milieu de la nature », sous la surveillance d’experts en pédagogie et en psychologie.

Mais les jeunes étaient empêchés de communiquer avec leurs familles, séquestrés, privés de nourriture, soumis à des « traitements humiliants et dégradants » ou des travaux dépassant leur capacité physique, ont précisé les procureurs, selon qui ces faits auraient eu lieu entre 2014 et août 2019.

« Ce soi-disant programme social, financé par l’Etat allemand, fondé et coordonné par un suspect d’origine allemande, avait obtenu une licence de fonctionnement de la part du ministère roumain du Travail, pour la période 2016-2021 », selon la même source.

Aucune interpellation n’a été menée et aucune inculpation n’a été prononcée à ce stade.

Selon les procureurs, une partie des mineurs concernés ont été identifiés et placés temporairement dans des foyers du département de Maramures, alors que l’enquête se poursuit.