Crise ukrainienne : « Certaines idées » de Macron peuvent permettre d’avancer, déclare Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que certaines des idées de son homologue français Emmanuel Macron pour désamorcer la crise russo-occidentale sur l’Ukraine pouvaient permettre d’avancer, à l’issue de plus de cinq heures d’entretien à Moscou.

« Certaines de ses idées, de ses propositions (…) sont possibles pour jeter les bases d’avancées communes », a dit M. Poutine, au cours d’une conférence de presse commune, tout en jugeant prématuré de les exposer publiquement.

Les présidents russe et français se reparleront après la rencontre de M. Macron et de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev mardi, selon M. Poutine.

Le chef de l’Etat russe a de nouveau dressé une réquisitoire contre l’Otan, accusée de s’être élargie ces trente dernières années jusqu’à menacer la Russie.

« On essaye de nous calmer avec des assurances comme quoi l’Otan est une organisation pacifique et de défense », a-t-il dit, avant de citer « l’Irak, la Libye, Belgrade » en contre-exemples.

Il a de nouveau dénoncé l’aide militaire à l’Ukraine de la part des Occidentaux.

M. Poutine a en outre critiqué le refus occidental d’accepter ses principales exigences : la fin de la politique d’élargissement de l’Otan, l’engagement de ne pas déployer d’armes offensives à proximité des frontières russes et le retrait d’infrastructures militaires de l’Alliance sur les frontières de 1997, c’est-à-dire avant que l’organisation n’accueille en son sein d’ex-membres du bloc soviétique.

Le président russe a enfin une nouvelle fois accusé l’Ukraine d’être la seule responsable de l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de paix dans le conflit opposant Kiev à des séparatistes prorusses, largement considérés comme parrainés par Moscou.

« Kiev rejette toujours toutes les opportunités d’un rétablissement pacifique de son intégrité territoriale », a dit M. Poutine.

Il n’a par ailleurs pas jugé que la Russie se comportait de manière belliqueuse, malgré le déploiement de dizaines de milliers de soldats près des frontières ukrainiennes depuis des semaines, laissant craindre aux Occidentaux une nouvelle invasion.

« Dire que la Russie se comporte de manière agressive est illogique », a-t-il dit, « ce n’est pas nous qui nous nous dirigeons vers les frontières de l’Otan.