Crise de coronavirus : le test de résistance de l’Union européenne ne fait que commencer

À Bruxelles, le rond-point Robert Schuman, cœur du quartier européen, est désert. Une image surréaliste, dystopique même, à mille lieues du bourdonnement habituel de politiques, fonctionnaires, diplomates, journalistes, policiers et autres manifestants. Le 26 mars, les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union étaient censés se réunir dans le bâtiment Europa pour pinailler, pardon négocier, à nouveau sur les chiffres et les virgules du budget européen 2021-2027, après avoir échoué à trouver un accord le 20 février dernier. Aucun d’entre eux n’aurait imaginé qu’un mois plus tard, ils discuteraient par visioconférence – la troisième en trois semaines – des réponses à apporter à la plus grave crise sanitaire du siècle, qui menace la vie de dizaines de milliers de citoyens et dont on ignore encore l’ampleur des conséquences économiques et sociales. Foudroyante, l’épidémie de Covid-19 a pris le monde et donc aussi l’Union européenne de court, mettant à l’épreuve sa résilience d’une manière jamais vue auparavant. Récit.