Crash du Rio-Paris: Airbus et Air France jugés à Paris du 10 octobre au 8 décembre

Le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’était abîmé au milieu de l’Atlantique le 1er juin 2009.

Les pilotes, désorientés par une défaillance technique en pleine zone météorologique instable du « pot au noir », n’avaient pu rattraper le décrochage de l’A330, entraînant la mort des 216 passagers et 12 membres d’équipages.

L’épave et les boîtes noires avaient été retrouvées deux ans plus tard, à près de 4.000 m de fond.

Après dix ans de procédure, les juges d’instruction avaient prononcé un non-lieu en 2019, en avançant que les investigations n’avaient pas permis d’établir « un manquement fautif d’Airbus ou d’Air France en lien (…) avec les fautes de pilotage (…) à l’origine de l’accident ».

Cette décision initiale, qui avait scandalisé les familles et les syndicats de pilotes, avait finalement été invalidée en appel en mai 2021, ouvrant la voie à ce procès.

La cour d’appel de Paris a considéré que la compagnie aérienne « s’est abstenue de mettre en oeuvre une formation adaptée (…) et l’information des équipages qui s’imposait » face à la défaillance technique rencontrée, « ce qui a empêché les pilotes de réagir comme il le fallait », selon une source proche du dossier.

La cour avait retenu par ailleurs qu’Airbus « a sous-estimé la gravité des défaillances des sondes anémométriques (…) en ne prenant pas toutes les dispositions nécessaires pour informer d’urgence les équipages (…) et contribuer à les former efficacement », d’après cette source.

Le givrage de ces sondes, considéré comme l’élément déclencheur de la catastrophe, a été au coeur des batailles d’expertises.

Estimant n’avoir commis aucune « faute pénale », la compagnie aérienne et le constructeur avaient formé des pourvois contre leur renvoi en correctionnelle, mais la Cour de cassation a jugé ces recours irrecevables en août dernier.