Coronavirus: l’Espagne en passe de prolonger l’état d’urgence

Après avoir entrouvert une fenêtre d’espoir quant à un retour à la normale après quatre semaines de confinement pour limiter l’épidémie de coronavirus, l’Espagne devrait finalement prolonger l’état d’urgence de quinze jours.

Le nombre quotidien des cas confirmés de coronavirus avait diminué de moitié, après quatre jours de baisses consécutives. Lundi, le pays déplorait par exemple 637 morts, au lieu des près d’un millier de décès quotidiens observés auparavant. Mais mardi, le ministère de la Santé a signalé le décès de 742 malades du Covid-19, un rebond attribué par les autorités « aux ajustements statistiques des données » accumulées par les régions ce week-end.

Plus de 7 000 personnes se trouvent actuellement dans les unités de soins intensifs (USI), la plupart à Madrid et en Catalogne. Ces régions ont été obligées de tripler les USI depuis le début de la crise. En comparaison avec l’Italie, qui présente des foyers régionaux de contamination, l’Espagne doit faire face à une épidémie plus éparpillée sur son territoire. « La tendance [du nombre de contaminations du Covid-19] reste à la baisse », insiste María José Sierra, coordinatrice des urgences du ministère de la Santé. Plus de 43 000 patients ont été guéris. « Depuis plusieurs jours, les autorisations de sortie des hôpitaux sont déjà plus nombreuses que les décès« , constate aussi María Cruz Martín, de la Société espagnole de médecine intensive. Pourtant, cette experte tient à avertir que « le retour à la normalité est encore loin ».

Madrid prépare actuellement une étude sanitaire – sur base d’un échantillon de plus de 60 000 individus – pour évaluer la propagation réelle du virus dans toutes les couches sociales et dans tous les territoires du pays. Les tests rapides continuent à manquer, tandis que les calculs des experts quant au nombre de personnes asymptomatiques touchées par le Covid-19 varient. Le ministère de la Santé veut donc établir une carte précise de l’extension du virus.

Pendant ce temps, le Premier ministre Pedro Sánchez (PSOE) a proposé à toutes les forces parlementaires, aux acteurs économiques et à toutes les régions, la négociation d’un grand pacte pour la reconstruction économique et sociale de l’Espagne, au sortir de la crise sanitaire. La droite (PP) dénonce un essai de « changement de régime » utilisant « le leurre » du pacte historique contre les effets de la pandémie. Nonobstant, les députés du PP soutiendront de nouveau la prolongation de l’état d’urgence décrété le 14 mars, que M. Sanchez demandera ce mercredi.