Corée du Nord : Kim Yo-jong, sœur influente, promue par le parti
Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un, a été nommée directrice à part entière de département lors du sommet quinquennal du Parti des travailleurs, selon l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA). Ce congrès, qui a débuté le 19 février, est le neuvième organisé par le Parti depuis l’accès au pouvoir de la famille Kim en 2016.
Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un, est reconnue comme l’une des femmes les plus influentes du pouvoir nord-coréen. Elle a été promue par le Parti des travailleurs lors du sommet quinquennal de ce dernier, un congrès qui définit la politique de l’État dans divers domaines, allant de la diplomatie à la planification militaire.
L’Agence centrale de presse coréenne (KCNA) a annoncé que Kim Yo-jong a été nommée directrice à part entière d’un département. Selon Lim Eul-chul, de l’Institut d’études extrême-orientales de l’université Kyungnam en Corée du Sud, cette promotion équivaut à un classement ministériel. Avant cette nomination, elle occupait le poste de directrice adjointe.
Kim Yo-jong est bien connue dans le paysage politique nord-coréen. Née à la fin des années 1980 selon le gouvernement sud-coréen, elle fait partie des trois enfants de Kim Jong-il et de son ancienne compagne, Ko Yong-hui. Elle a été scolarisée en Suisse avec son frère et a rapidement gravi les échelons après son accession au pouvoir en 2011, suite à la mort de leur père. En 2018, elle a assisté aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud, dans un contexte de rapprochement intercoréen.
Le nom de Kim Yo-jong est souvent utilisé par Pyongyang pour faire des déclarations exprimant ses positions ou critiquant le Sud et les États-Unis. Elle avait ainsi qualifié le gouvernement de l’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol de « chien fidèle » des États-Unis. Toutefois, son ton a légèrement changé avec l’arrivée au pouvoir l’an dernier du président sud-coréen Lee Jae Myung, qui tente d’adoucir les relations entre les deux pays.
Ahn Chan-il, chercheur nord-coréen, affirme que « Kim Yo-jong est l’une des rares personnes en qui Kim Jong-un peut avoir confiance et compter ». Elle a également exercé des fonctions officielles lors des sommets entre Kim et Trump à Singapour et à Hanoï, et dispose d’une expérience considérable.
Ce neuvième congrès quinquennal offre un aperçu du fonctionnement politique de la Corée du Nord et est perçu comme une occasion pour Kim Jong-un de démontrer son autorité. Le dirigeant a été réélu unanimement au poste suprême de secrétaire général, comme l’ont rapporté les médias officiels. L’accent est également mis sur le rôle de sa fille adolescente, Ju Ae, considérée comme son héritière potentielle par le renseignement sud-coréen.
Lors du précédent congrès, Kim Jong-un avait désigné les États-Unis comme le « plus grand ennemi » de la nation. Les observateurs s’interrogent sur la position qu’il adoptera durant ce congrès, débuté le 19 février, quant à la possibilité d’assouplir ou de renforcer cette attitude, tout en présentant la prochaine phase du programme nucléaire de la Corée du Nord.
Il s’agit de la neuvième réunion du Parti des travailleurs en congrès depuis le début du règne de la famille Kim. Ces congrès avaient été suspendus sous Kim Jong-il, mais leur réintroduction a eu lieu lors de l’accession de son fils au pouvoir en 2016. Le pays souffre également de sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaires et de missiles prohibés.

