Conflit israélo-palestinien: l’armée israélienne se prépare à « une semaine d’opérations », Oxfam inquiète

L’Armée de défense d’Israël (Tsahal) a déclaré samedi se préparer à une « semaine d’opérations » contre les « militants palestiniens » alors que plusieurs frappes israéliennes ont été lancées contre Gaza depuis vendredi après-midi, auxquelles le Djihad islamique a rétorqué en envoyant des roquettes sur l’État hébreu. Israël a présenté ces raids comme une « attaque préventive » contre le Djihad islamique, quelques jours après l’arrestation d’un chef de l’organisation en Cisjordanie occupée qui avait fait craindre des actions en représailles.

Le Djihad islamique, un groupe islamiste soutenu par l’Iran, est très présent à Gaza et en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Des sirènes antiaériennes ont retenti dans plusieurs villes du sud d’Israël samedi matin, selon un porte-parole de Tsahal, ajoutant que 190 roquettes avaient été tirées de la bande de Gaza depuis vendredi.

L’armée israélienne affirme que ces roquettes sont tombées sur des terrains vides ou ont été interceptées par son système de défense.

L’armée israélienne a estimé avoir tué 15 combattants du Djihad islamique dans ses frappes ayant commencé vendredi après-midi. Les brigades Al-Qods, branche armée de l’organisation, ont dit avoir lancé vendredi « plus de 100 roquettes » vers le sol israélien en guise de « première réponse » aux frappes israéliennes ayant notamment tué un des chefs du groupe, Tayssir Al-Jabari.

Selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza, au moins 11 personnes sont mortes depuis vendredi, dont un enfant de cinq ans.

Il s’agit de la pire confrontation entre l’État hébreu et des organisations armées de Gaza depuis la guerre de onze jours en mai 2021, qui avait fait 260 morts côté palestinien, parmi lesquels des combattants, et 14 morts en Israël, incluant un soldat, d’après les autorités locales.

Cette escalade inquiète Oxfam, qui se dit « préoccupée » par les « souffrances auxquelles les citoyens de Gaza pourraient être confrontés » alors que les deux millions d’habitants souffrent depuis 15 ans déjà d’un blocus imposé par Israël et qu’ils « ne se sont pas encore remis de la dernière escalade mortelle remontant à plus d’un an », dénonce, dans un communiqué, Dina Jibril, directrice nationale par intérim d’Oxfam dans les Territoires palestiniens occupés. L’ONG demande que « l’opération militaire cesse immédiatement, avant que davantage de personnes ne soient blessées et que davantage de vies ne soient perdues ».

Mme Jibril attire l’attention sur l’impact de ce conflit sur les soins médicaux prodigués à la population de Gaza et l’approvisionnement en aide humanitaire et en carburant, alors qu’Israël « a fermé les postes frontières pour les personnes et les biens essentiels quittant ou entrant à Gaza ces quatre derniers jours ».

L’ONG appelle la communauté internationale à agir pour mettre fin à l’escalade.