Conflit en Libye : selon MSF, le nombre de migrants détenus à Tripoli a plus que triplé en cinq jours

L’ONG a affirmé mercredi à Genève avoir pris en charge plus de 160 personnes dans plusieurs prisons. Selon l’ONU, plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées. Un migrant a été tué et plusieurs ont été blessées. En raison de l’insécurité provoquée par les raids, MSF n’a pu garantir les soins mobiles pour les migrants et réfugiés qu’elle offre habituellement. Il est probable que beaucoup de personnes arrêtées doivent être prises en charge, selon l’ONG.

Depuis deux jours, les collaborateurs de MSF ont pu se rendre dans deux centres de détention. Dans l’un d’entre eux, ils ont vu plus de 500 personnes entassées dans des cellules, plus de deux fois plus par rapport à la situation habituelle. Des heurts ont eu lieu en raison de protestations de détenus. Les migrants manquent d’eau potable, de nourriture et d’accès à l’hygiène.

Dans le second centre de détention, les cellules d’hommes sont largement surpeuplées. Certains d’entre eux n’ont pas mangé depuis plusieurs jours. MSF a pris en charge 161 personnes, dont trois blessés par des violences. Et 21 détenus ont été acheminés de leur côté dans des centres de santé soutenus par l’ONG.

MSF a repris récemment son aide dans trois centres de détention après presque trois mois de suspension en raison des conditions auxquelles font face les migrants. Elle a reçu des garanties des autorités mais celles-ci ont été violées cette semaine, selon elle.

Et MSF appelle le gouvernement à mettre fin aux arrestations massives de migrants et de réfugiés vulnérables et à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement. Elle demande également la reprise des vols humanitaires d’évacuation et de réinstallation hors de Libye.