International

Conflit au Proche-Orient : Israël reprend ses frappes sur le Liban, Macron va parler à Trump et Netanyahou

Israël a bombardé vendredi la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah soutenu par l’Iran, pour la première fois après quatre mois de trêve. La frappe a visé le quartier de Hadath, densément peuplé et abritant des écoles, d’où s’élevait une épaisse colonne de fumée noire. Elles ont fait un mort et 18 blessés parmi lesquels trois enfants, dans le village de Kfar Tebnit, selon l’agence de presse libanaise Ani.

L’armée israélienne avait annoncé plus tôt mener des frappes contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban, frontalier d’Israël, après le tir, non revendiqué, de deux « projectiles » dont l’un a été intercepté et l’autre est tombé sur le sol libanais. C’est la deuxième fois depuis le début du cessez-le-feu que des roquettes sont tirées depuis le Liban vers Israël, la précédente remontant au 22 mars, dans le sud du pays.

Frappes israéliennes « inacceptables » considère Macron

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué que « s’il n’y a pas de calme à Kiryat Shmona et dans les localités de Galilée », dans le nord d’Israël, « il n’y aura pas de calme à Beyrouth », et assuré que « le gouvernement libanais porte une responsabilité directe pour tout tir vers la Galilée ».

Lors d’une conférence vendredi à l’Elysée au côté du président libanais Joseph Aoun, le président français Emmanuel Macron a cependant dit « ne pas avoir eu d’informations signalant des frappes du Hezbollah et des activités militaires au Sud » et a jugé les frappes israéliennes « inacceptables ». Le président libanais Joseph Aoun a ajouté de son côté que « tout indique » que « le Hezbollah n’est pas responsable » des derniers tirs de roquettes vers Israël.

Le président français va s’entretenir avec Trump « dans les prochaines heures »

Emmanuel Macron a jouté qu’il allait s’entretenir par téléphone avec son homologue américain Donald Trump « dans les prochaines heures » et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d’ici deux jours, concernant ces frappes au Liban. « Il est absolument nécessaire que le cadre [de cessez-le-feu] que nous avons défini, qui a été agréé par le Liban et par Israël, soit dûment respecté. Il n’a pas été respecté aujourd’hui par Israël de manière unilatérale et sans que nous ayons eu ni informations ni preuve de faits générateurs », a-t-il complété.

« Il y a une pression toute particulière qui peut être exercée par les Etats-Unis d’Amérique. C’est dans le contexte aussi ce que nous attendons du président américain », a expliqué Emmanuel Macron. Il a estimé, se référant à Gaza, que Donald Trump avait « su montrer » que « lorsque les États-Unis faisaient pression sur Israël, des cessez-le-feu étaient possibles et pouvaient être respectés ».

Des rampes de lancement de roquettes, utilisées pour viser Israël, découvertes

L’armée libanaise a annoncé de son côté avoir découvert vendredi dans le sud du pays des rampes de lancement de roquettes, utilisées pour viser tôt le matin Israël. Dans un communiqué, l’armée a déclaré avoir « identifié le site de lancement des roquettes dans la zone de Qaaqaiyat al-Jisr », qui se trouve juste à la limite nord du fleuve Litani, la zone d’où le Hezbollah est censé se retirer, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne. Elle a ajouté avoir « ouvert une enquête pour déterminer les auteurs des tirs », qui n’ont pas été revendiqués.

Le Hezbollah, comme il l’avait déjà fait le 22 mars, a nié être à l’origine de ces tirs et affirmé respecter le cessez-le-feu. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a, lui, « dénoncé l’attaque israélienne qui a frappé la banlieue sud de Beyrouth », la qualifiant d’ « escalade dangereuse », et « condamné les agressions israéliennes visant les civils et les zones résidentielles où se trouvent des écoles et des universités », selon un communiqué de son bureau de presse.

Notre dossier sur le conflit au Proche-Orient

Nawaf Salam a demandé au commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, « d’agir rapidement pour […] identifier les auteurs de l’acte irresponsable que constituent les tirs de roquettes et qui menace la sécurité et la stabilité du Liban », a indiqué son bureau de presse.