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Cisjordanie : 36.000 Palestiniens déplacés en un an par l’expansion des colonies israéliennes.

L’ONU a appelé Israël à cesser immédiatement l’expansion des colonies en Cisjordanie, qui a entraîné le déplacement forcé de plus de 36.000 Palestiniens en un an. Selon un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, 1.732 incidents de violence commis par des colons ont été recensés sur la période concernée, contre 1.400 lors de la période précédente.


Les préoccupations concernant un potentiel « nettoyage ethnique » s’intensifient. L’ONU a appelé Israël, le mardi 9 février 2026, à mettre un terme immédiat à l’expansion des colonies en Cisjordanie, qui a conduit au déplacement forcé de plus de 36.000 Palestiniens en un an. Selon un rapport récent du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, qui couvre la période de novembre 2024 jusqu’à fin octobre 2025, « le déplacement de plus de 36.000 Palestiniens en Cisjordanie occupée constitue une expulsion massive de Palestiniens d’une ampleur inédite ».

Le Haut-Commissariat souligne que « les déplacements en Cisjordanie occupée, qui coïncident avec le déplacement massif de Palestiniens à Gaza […], semblent indiquer une politique israélienne concertée de transfert forcé massif » sur l’ensemble des territoires occupés, « qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique ».

### Intensification des attaques, destruction de quartiers, refus d’apporter une aide humanitaire…

Le 19 février, le Haut-Commissariat avait déjà exprimé sa crainte d’un « nettoyage ethnique » dans les Territoires palestiniens occupés, en faisant état d’une série d’actes israéliens comprenant « l’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, le refus d’apporter une aide humanitaire et les transferts forcés ».

Le rapport indique qu’au cours de la période analysée, « l’avancement ou l’approbation, par les autorités israéliennes, de 36.973 unités de logement dans les colonies de Jérusalem-Est occupée et d’environ 27.200 dans le reste de la Cisjordanie » a été constaté.

Plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie – excluant Jérusalem-Est – parmi environ trois millions de Palestiniens, dans des colonies jugées illégales par les Nations unies au regard du droit international.

### 1.732 violences commises par des colons en un an

Les violences dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 ont considérablement augmenté suite à l’attaque du mouvement islamiste Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et se sont poursuivies malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Gaza en date du 10 octobre.

Dans son rapport, le Haut-Commissariat recense 1.732 incidents de violence provenant de colons, entraînant des victimes ou des dégâts matériels, contre 1.400 pendant la période précédente (novembre 2023 à fin octobre 2024). « La violence des colons s’est poursuivie de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central », indique le rapport.

### Le « transfert illégal », un « crime de guerre »

Le « transfert illégal » de Palestiniens est qualifié de « crime de guerre » par le Haut-Commissariat, qui précise que « dans certaines circonstances », ces actes peuvent être assimilés à un crime contre l’humanité. Dans un communiqué, Volker Türk appelle Israël « à cesser immédiatement et complètement la création et l’expansion des colonies, à évacuer tous les colons et à mettre fin à l’occupation » des Territoires palestiniens.

Il exige également d’Israël « de permettre le retour des Palestiniens déplacés et de mettre fin à toutes les pratiques de confiscation de terres, d’expulsions forcées et de démolitions de maisons ». Le rapport met également en avant le risque accru de déplacement auquel sont exposés des milliers de Palestiniens appartenant à des communautés bédouines situées au nord-est de Jérusalem-Est, en raison de l’avancement des projets de colonisation dans cette région.