Charles Michel ouvre la boîte (de Pandore) budgétaire

Le président du Conseil européen a dévoilé sa proposition de budget 2021-2027 en vue du sommet de la semaine prochaine.

Et vous, le budget européen 2021-2027, vous le voyez comment ? Après avoir entendu ce que chacun des leaders des États membres avait à dire à ce sujet, le président du Conseil européen, Charles Michel, a ficelé une « boîte de négociations » en vue du sommet européen de la semaine prochaine. Réunis à Bruxelles à partir du 20 février, les Vingt-sept tenteront de trouver un accord, à l’unanimité, tant sur le montant global que sur les priorités du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027. La durée du sommet est encore indéterminée. « Les leaders ont dégagé leur agenda pour rester à Bruxelles », a commenté un diplomate interrogé sur la possibilité que la réunion s’étende sur deux jours et deux nuits.

La negotiating box version Michel contient un cadre financier pluriannuel 2021-2027 pesant 1 094, 827 milliards d’euros d’engagements, soit 1,074 % du revenu intérieur brut de l’Union. C’est moins que le projet présenté en mai 2018 par la Commission, de 1134,6 milliards d’euros (1,114 % du RNB). C’est beaucoup moins que ce que préconise le Parlement européen (1,3 %, soit 1324 milliards d’euros). Or le compromis trouvé à l’unanimité des Vingt-sept devra être approuvé par ce dernier. Les chefs de quatre groupes du Parlement, le Parti populaire européen, les Socialistes et Démocrates, les libéraux de Renew Europe et les Verts ont écrit au président Michel pour le prévenir qu’ils rejetteraient un accord qu’ils jugeraient insuffisants.

Personne ne sera content. Ni trop mécontent ?

On n’en est pas encore là. Car l’Autriche, les Pays-Bas et les Nordiques, alias « les frugaux », avaient averti qu’ils s’opposeraient à un budget pluriannuel dont le montant global dépasse 1 % du RNB de l’UE. La proposition fera aussi tiquer « les amis de la cohésion » (les pays du Sud et d’Europe centrale et orientale) et les défenseurs de la Politique agricole commune, les deux grands postes budgétaires du CFP. Fixées respectivement à 380 et 354 milliards, les deux enveloppes sont réduites par rapport au budget 2014-2020. Mais pas encore assez pour les États membres qui voudraient réorienter les priorités du budget vers la recherche et le développement, la défense ou la migration. Dans l’entourage de Charles Michel, on se dit confiant que chaque État membre trouvera suffisamment de points de satisfaction pour approuver la proposition « même s’il y a des choses qu’ils n’auront pas obtenues. C’est le principe d’un compromis ».