C’est parti pour dix jours de manœuvres militaires russes en Biélorussie

La Russie ne cesse de répéter qu’elle n’a pas l’intention d’intervenir en Ukraine. Mais la Russie ne cesse aussi d’opérer des déploiements et mouvements aux portes de son voisin. Son armée a lancé jeudi de grandes manœuvres avec la Biélorussie, alors que se poursuivent les efforts diplomatiques pour tenter de désamorcer la crise.

Le déploiement de ces soldats a été immédiatement dénoncé par la présidence ukrainienne comme un moyen de « pression psychologique » employé par Moscou. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a regretté « un geste d’une grande violence », tandis que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a qualifié ces manœuvres de « moment dangereux pour la sécurité en Europe ». En visite à Moscou, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a enjoint au Kremlin d’écarter ses troupes des frontières de l’Ukraine pour entamer une désescalade.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a, lui, jugé « incompréhensible » l’inquiétude des Occidentaux autour des manœuvres en Biélorussie. Les exercices russo-biélorusses « se déroulent avec l’objectif de se préparer à arrêter et repousser une agression extérieure dans le cadre d’une opération défensive », a expliqué le ministère russe de la Défense. Selon cette source, les manœuvres ont lieu jusqu’au 20 février sur cinq terrains militaires, quatre bases aériennes et « différents sites » de Biélorussie, notamment dans la région de Brest.

Les armées de Minsk et de Moscou n’ont pas précisé le nombre de soldats et d’équipements participant à ces exercices, mais les Occidentaux affirment que 30 000 militaires russes ont été envoyés en Biélorussie dans ce cadre. Moscou a également annoncé jeudi l’arrivée en Crimée de six navires de guerre en vue de manœuvres prochaines en mer Noire, qui borde le sud de l’Ukraine.

L’armée ukrainienne a lancé de son côté cette semaine ses propres manœuvres, prévoyant l’utilisation de drones de combat turcs et de missiles antichars livrés par Londres et Washington.

Lavrov reçoit une réponse européenne

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a demandé à certains de ses homologues européens leur interprétation du concept de « l’indivisibilité de la sécurité » de l’Europe, les priant de répondre « à titre national et non au nom d’un bloc » – sous-entendu de l’UE. Une tentative d’identifier et d’exploiter les divergences entre les Vingt-sept. Mais il a reçu une réponse commune, exprimée par Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, qui a invité M. Lavrov à en discuter au sein de l’OSCE.