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Ce mercredi, Boris Johnson joue sa carrière politique

Face à lui, les députés du Parti démocratique unioniste (DUP) et les Brexiters radicaux de son propre parti, rassemblés au sein du groupe de recherche européenne (ERG). Ce mardi, ces derniers ont prévenu qu’ils voteront contre le nouvel accord. Une déclaration guère étonnante, après la décision “unanime” des unionistes lundi de le rejeter. Le chef du DUP à Westminster Jeffrey Donaldson a justifié la décision des siens par l’absence de “progrès suffisants”. À leurs yeux, le frein de Stormont “ne répond pas aux changements imposés (par le protocole) à la loi britannique, qui pourrait influer sur la capacité de l’Irlande du Nord à commercer à l’intérieur du Royaume-Uni”. L’Irlande du Nord disposerait donc d’un statut différent du reste du Royaume-Uni, une situation inacceptable à leurs yeux.

Mais malgré ces prises de position, le frein de Stormont sera entériné par la Chambre des communes. La majorité des élus du parti conservateur voteront en effet en sa faveur tout comme les élus du Labour. La députée travailliste Lisa Nandy a en effet fait savoir que son adoption est “urgente”, pour “essayer de retirer certaines des barrières au commerce sur l’île d’Irlande”.

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Bojo sur le gril

En raison de ce manque de suspens, tous les regards seront tournés vers les écrans de télévision qui retransmettront pendant quatre heures le témoignage dans une salle avoisinante de l’ancien Premier ministre Boris Johnson. Le grand blond ébouriffé joue en effet sa carrière politique ce mercredi. Le comité sur les privilèges de la Chambre des communes l’interrogera toute l’après-midi pour déterminer s’il avait “induit en erreur la Chambre des communes et, dans l’affirmative, s’il a commis un outrage à la Couronne”. À la fin de l’année 2021 et au début de l’année 2022, il avait en effet assuré qu’“ à sa connaissance” les règles sur le confinement n’avaient pas été rompues au sein du 10 Downing Street durant la pandémie de Covid. La police a pourtant estimé que tel n’était pas le cas et avait imposé des dizaines d’amendes, dont une à Boris Johnson et à l’actuel Premier ministre Rishi Sunak.

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Vers une démission forcée ?

Le comité parlementaire a publié mardi la défense de l’ancien premier ministre. “J’accepte que la Chambre des communes a été induite en erreur par mes déclarations”, écrit-il noir sur blanc. Il assure néanmoins que celles-ci “ont été faites de toute bonne foi et sur la foi de ce que je savais et de ce que je pensais à l’époque. Je n’ai pas induit la Chambre en erreur intentionnellement ou par imprudence”.

Si Boris Johnson est déclaré coupable, le comité lui imposera des sanctions, qui devront être votées par les députés. S’il est suspendu dix jours des Communes, les électeurs de sa circonscription seront autorisés à demander sa démission. Si la pétition en ce sens recueille 10 % des inscrits, une élection partielle sera organisée. Sachant que le parti conservateur dispose actuellement de vingt points de retard en moyenne dans les sondages sur le Labour, sa réélection serait plus que compromise. D’autant plus que ses opposants pourraient se liguer autour d’un candidat unique pour le faire tomber. Difficile de faire plus beau scalp que l’épaisse chevelure de Boris Johnson.