Canicule : la France suffoque, des records de chaleur enregistrés dans plusieurs villes

La quasi totalité du territoire français est touché samedi, et 11 départements se situant principalement le long de la façade Atlantique et dans le sud-ouest, sont maintenus en vigilance rouge. Au total 70 départements sont en vigilance depuis ce matin, dont 59 en orange. Seule la PACA et la Corse sont relativement épargnée. Près des trois quarts de la population du pays, soit 45 millions de personnes, sont concernés par les niveaux rouge ou orange de vigilance canicule.

Le Sud-Ouest particulièrement touché : record absolu à Biarritz

La ville de Biarritz a connu samedi un record « absolu » de température « tous mois confondus », touchée comme une large part de la France par une canicule d’une précocité inédite, a indiqué Météo France. Biarritz a ainsi atteint 41 degrés, samedi à 15H00, selon Météo France, battant un précédent record de 40,6°C le 4 août 2003, avant que la température ne continue à grimper dans l’après-midi, atteignant à 16H00 42,9°C, a précisé Météo-France.

A 15H00, Météo France relevait 42°C dans la ville voisine de Saint-Jean-de-Luz, 41°C à Arcachon, 40°C à Bordeaux, 39°C à Angers, Auch, Auxerre, Châteauroux, Niort, Mont de Marsan.

D’une manière générale, samedi après-midi, « la chaleur s’accentue encore depuis l’ouest des Pyrénées en direction du nord-est du pays », avec en général « entre 37 et 41°C sur Aquitaine, Poitou-Charentes, Centre-Val-de-Loire, ouest Bourgogne et Ile-de-France » et des pointes voisines de 42°/43°C « mesurées localement sur le sud Aquitaine ».

Des températures extrêmement élevées ont été enregistrées dans plusieurs villes. À 15 heures, à Cazaux, en Gironde, il faisait 41,1°C. 38,1°C ont été enregistrés dans les Pyrénées-Atlantiques, à Pau, selon les données de la chaîne météo. Le record absolu a été battu à Pissos, dans les Landes,avec 42,6°C à 15h12.

Ailleurs, sur le Grand-Est, la région lyonnaise, l’Auvergne, la vallée du Rhône et une bonne partie de l’Occitanie, les températures maximales atteignent 35 à 39°C », a ajouté Météo France, dans ce bulletin.

Evénements annulés

De nombreux événements festifs, sportifs et culturels ont donc été annulés dans les départements classés rouge. A Lourdes (Hautes-Pyrénées), le pèlerinage des anciens combattants prévu à l’occasion de l’anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, n’aura pas lieu. Les écoliers et collégiens des zones rouges ont aussi pu rester chez eux vendredi.

A Strasbourg, entre 10 et 15.000 personnes selon la police ont participé à la Marche des visibilités. « J’ai l’impression qu’il y a un peu moins de monde à cause de la canicule », juge toutefois Antonin Rosse, un habitué de 23 ans, vêtu d’une longue robe noire, d’un chemisier clair et d’un large chapeau en feutre typique de la région. « Un mix entre un Alsacien bien rural et Boy George », sourit-il.

Des départements sont par ailleurs passés en risque incendie « très sévère ».

Avec la chaleur, les concentrations d’ozone dans l’air sont en nette augmentation sur une grande partie de la France, selon Prev’Air, qui prévoit qu’elles restent élevées « dans les jours à venir ». Les fortes chaleurs favorisent également la prolifération des cyanobactéries dans les plans d’eau, entraînant des interdictions de baignade, des activités nautiques et de la pêche, comme aux lacs de Sesquières et de la Ramée à Toulouse.

La vague de chaleur a en particulier des conséquences sur les personnes sans abri qui souffrent des dangers de la déshydratation.

A Toulouse (sud-ouest), la Croix-Rouge organise des maraudes pour leur distribuer de l’eau fraîche. « Il y a plus de mortalité de gens dans la rue en été qu’en hiver », assure un bénévole de 67 ans, Hugues Juglair.

Les agriculteurs aussi doivent s’adapter. Daniel Toffaloni, cultivateur près d’Elne (Pyrénées-Orientales), « attaque au lever du jour jusqu’à 11H30 ». « Après, je peux travailler le soir, avant la tombée de la nuit », dit ce sexagénaire. Dans ses serres de tomates, la température peut atteindre 55°C. »Nous sommes dans un épisode de canicule très précoce, un épisode fort qui dure un peu plus que prévu », a déclaré la ministre française de la Santé Brigitte Bourguignon, lors d’un déplacement dans une maison de retraite dans le sud-ouest, ajoutant que « l’hôpital est évidemment saturé, mais répond à la demande ».

Accalmie dès samedi soir

Après le beau temps, la pluie. A partir de ce samedi soir, les Français devraient pouvoir souffler et retrouver une atmosphère moins étouffante. Une baisse des températures va débuter à partir du Nord-Ouest et s’étendre au reste du territoire les jours suivants.

« Dans la nuit de samedi à dimanche, les températures descendront lentement, les minimales seront de l’ordre de 20 à 25°C sur bon nombre de régions », selon Météo-France, qui indique que dimanche après-midi, « les plus fortes chaleurs vont se décaler vers l’est », avec 34 à 38 degrés sur le nord-est du pays.

Par ailleurs, des orages ponctuels sont attendus à partir de samedi soir et dans la nuit sur la façade ouest, « démarrant dans le Sud-Ouest et remontant vers la Normandie », certains de ces orages pouvant « s’avérer assez forts, accompagnés de quelques rafales de vent et surtout d’une forte activité électrique », prémices « d’une dégradation pluvio-orageuse, plus franche et plus organisée », attendue pour dimanche soir.

« La canicule régressera progressivement, pour ne plus concerner que le flanc est du pays », conclut Météo-France.