« Ca a mis le feu aux poudres »: en France, le conflit social se tend

Des négociations salariales collectives en bonne et due forme se sont ouvertes jeudi soir entre la direction et les syndicats de TotalEnergies, demandées à cor et à cri par les grévistes du groupe depuis 17 jours, durée qui a permis au mouvement de revendication de faire tache d’huile dans d’autres secteurs en France.

« Le mouvement est reconduit partout, avec toujours de très forts taux de grévistes », a déclaré Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité TotalEnergies Europe, après les votes en assemblées générales intervenus à la mi-journée dans les raffineries et dépôts bloqués du groupe.

Dans la foulée, le groupe pétrolier, qui avait annoncé des concessions salariales jeudi matin, a publié un bref communiqué annonçant l’ouverture de « négociations salariales collectives », une première depuis le début de la grève lancée par la CGT le 27 septembre. Alors qu’il conditionnait jusqu’à présent ces négociations à la levée des blocages.

« Le feu aux poudres »

L’ouverture de ces négociations est d’autant plus cruciale que le climat social s’est tendu, après la réquisition de salariés du dépôt de carburants Flandres de TotalEnergies à Mardyck près de Dunkerque (Nord) dans l’espoir de réamorcer les pompes des stations-service françaises à sec. Deux premiers camions ont certes quitté sans encombre le dépôt peu après 16 h 00, en présence du sous-préfet et de deux fourgons de CRS. Mais après la marche de dimanche contre la vie chère organisée par la Nupes, une grande journée de grève, en dehors des raffineries, s’annonce pour mardi : à la SNCF et chez les transporteurs routiers à l’appel de la CGT, dans le nucléaire, et sans doute dans d’autres secteurs à l’appel de la CGT et d’autres syndicats (FO, Solidaires, FSU, Unsa) qui se réunissaient jeudi pour en décider.

« Le fait de réquisitionner, ça a mis le feu aux poudres« , a expliqué le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur BFMTV jeudi. « C’est une vraie entrave au droit de grève, un droit constitutionnel » a ajouté Benjamin Tange, délégué syndical central du raffinage et de la pétrochimie. Sur le terrain, la préfecture du Nord a fait valoir que les réquisitions avaient été décidées en raison de « troubles à l’ordre public » dans les stations essence, où la longueur des files d’attente, jusqu’à deux kilomètres, a entraîné des frictions, et empêche des professions prioritaires d’accéder aux pompes.