Brexit : Voir le Royaume-Uni arrimé indéfiniment à l’UE ? « Pas un problème en réalité »

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Des « discussions techniques » sur les conditions du Brexit se poursuivaient samedi à Bruxelles, les responsables britanniques tentant d’obtenir d’ultimes concessions à trois jours d’une série de votes décisifs au Parlement britannique par lesquels les députés décideront de concrétiser ou reporter le divorce.

« Des discussions techniques se poursuivent », a affirmé à l’AFP un porte-parole du gouvernement britannique. Une source européenne a précisé qu’il n’y avait « pas de réunion au niveau politique » à ce stade.

Londres tente d’obtenir de Bruxelles une modification du traité de retrait afin de le rendre plus acceptable aux yeux du Parlement, qui l’avait massivement rejeté en janvier. Un nouveau vote décisif sera organisé mardi à la Chambre des communes. En cas de rejet, d’autres votes seront organisés mercredi et jeudi pour permettre une sortie sans accord ou un report du Brexit, prévu le 29 mars.

Les deux parties continuent de buter sur le « filet de sécurité » (« backstop » en anglais), un dispositif qui prévoit, en dernier recours, le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE afin d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord, destinée à en sortir.

Samedi, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a cherché à rassurer les parlementaires, affirmant au Financial Times que les craintes de voir le Royaume-Uni arrimé indéfiniment à l’UE à cause du backstop étaient « valables en termes strictement juridiques », mais que cette hypothèse ne constituait « pas un problème en réalité ».

Il les a incité à soutenir l’accord, soulignant que si le texte était adopté, les budgets prévus pour soutenir l’économie en cas de « no deal » alimenteraient les dépenses publiques et permettraient une réduction de la dette et de la fiscalité.

Le Parti travailliste, principale formation d’opposition, a, lui, déjà affirmé son intention de rejeter le texte. « Nous sommes contre l’accord », a déclaré la député Emily Thornberry au Times. « S’il est adopté, alors il faut qu’il soit soumis au vote des Britanniques » lors d’un nouveau référendum, a-t-elle ajouté.

Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, avait affirmé vendredi que ses équipes continueraient de « travailler intensément dans les jours qui viennent pour assurer que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord ».

Dans une série de messages publiés sur Twitter, il avait proposé de donner « force légale » à une lettre signée le 14 janvier par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, dans laquelle ils assuraient que si le filet de sécurité devait s’appliquer, il le serait seulement « à titre temporaire ».

Il avait également souligné qu’un mécanisme d’arbitrage était déjà prévu pour permettre au Royaume-Uni de sortir unilatéralement du dispositif si l’UE ne déployait pas ses « meilleurs efforts » pour trouver une alternative.

Il avait également proposé que seule l’Irlande du Nord soit incluse dans le backstop, ce qu’a immédiatement refusé Londres.