Brexit : Corbyn met en garde Theresa May, « ne vous laissez pas prendre en otage »

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Le chef de l’opposition britannique Jeremy Corbyn a mis en garde jeudi à Bruxelles contre le risque « très grave » d’un divorce sans accord avec l’UE, reprochant à la Première ministre Theresa May de se laisser « prendre en otage » par les Brexiters les plus durs.

M. Corbyn a rencontré le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit, Michel Barnier, au lendemain d’une visite de Mme May dans la capitale belge, où elle a réclamé des « changements juridiquement contraignants » dans l’accord de divorce conclu avec l’UE.

La dirigeante conservatrice espère que des concessions des Européens lui permettront de convaincre les parlementaires britanniques de donner leur feu vert à l’accord de divorce, qu’ils ont massivement rejeté en janvier.

M. Corbyn a dit jeudi avoir eu des conversations « utiles, instructives et très franches » avec M. Barnier et d’autres responsables européens, rappelant la proposition de son parti travailliste de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE après le Brexit, programmé le 29 mars.

« Le danger d’une absence d’accord de sortie de l’UE pour le Royaume-uni est très grave », a déclaré M. Corbyn à la presse, exhortant Theresa May à assouplir sa position de négociation, dictée selon lui par les promoteurs d’une rupture la plus nette possible avec l’UE dans les rangs conservateurs.

« Elle se laisse prendre en otage par un petit groupe de son parti », a estimé M. Corbyn. « Elle doit changer de méthode, sinon le danger d’une sortie sans accord, avec tout le chaos que cela entraînerait, sera très réel », a-t-il averti.

Tandis que M. Corbyn était à Bruxelles, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a fait naître l’espoir d’une percée « dans les prochains jours » des discussions avec l’UE, restée pour l’heure inflexible dans son refus de renégocier le traité de divorce.

A l’issue d’un entretien mercredi à Bruxelles, Mme May et M. Juncker « ont convenu que les discussions avaient été constructives et ils ont exhorté leurs équipes respectives à continuer d’explorer les options dans un esprit positif ».

Mme May n’a toutefois pas obtenu de refonte du controversé « filet de sécurité » irlandais, ou « backstop », ce dispositif censé éviter le retour d’une frontière physique en Irlande.

Cette mesure du traité de divorce provoque une levée de boucliers des Brexiters britanniques, parce qu’elle prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE. Elle ne serait déclenchée qu’en dernier recours, si les deux parties ne trouvaient pas de meilleure solution après le Brexit pour éviter le retour redouté d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Mais au Royaume-Uni, les partisans d’une rupture nette avec l’UE y voient un « piège » risquant de maintenir leur pays arrimé éternellement au bloc continental.