« Bien sûr que cela nous salit », « Un complot politique »: le RN divisé après les propos racistes inacceptables « retourne en Afrique »

Voilà une affaire dont se serait bien passé le Rassemblement National. Alors que Marine Le Pen a lancé une campagne de dédiabolisation depuis plusieurs années déjà, les propos du député de Gironde Grégoire de Fournas font tâche.

Le député a lâché un « Retourne en Afrique » lors d’une intervention de l’élu LFI Carlos Martens Bilongo, qui s’exprimait sur le « drame de l’immigration clandestine » pendant la séance de questions au gouvernement. Une intervention qui va lui coûter cher : une exclusion de l’Assemblée nationale pour 15 jours, la plus lourde sanction disciplinaire possible.

Une sanction validée par les autres députés de l’hémicycle tandis que La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a aussitôt demandé à l’élu RN de quitter l’enceinte du Palais Bourbon. Après avoir quitté l’Assemblée, le député a estimé qu’il était « totalement innocent »: « Je ressens cette sanction d’une dureté inouïe avec une grande injustice. Mais respectueux de l’institution, je m’y soumets. »

Selon BFM TV, cette intervention fait grincer beaucoup de dents en interne. « Ils mettent à mal la stratégie de dédiabolisation et de respectabilité de Marine Le Pen », précise le média français. Certes, Marine Le Pen et Jordan Bardella, les deux figures du parti, ont soutenu leur député. Mais pour d’autres, cette attaque pourrait avoir des répercussions catastrophiques.

« Quel que soit le contexte, on ne peut pas dire des trucs comme ça », affirme un membre du parti à BFMTV. D’autres ont accepté de parler publiquement, comme le député RN José Gonzales. « Évidemment que ça arrive au pire moment. Mais nous avons exprimé une opinion politique qui rappelle la politique migratoire que nous souhaitons mener. » Même son de cloche de la part du député RN Thomas Ménagé : « Bien sûr que ça nous salit en pleine dynamique », a-t-il ajouté.

Effectivement, le moment est mal choisi car le parti d’extrême droite s’apprête à vivre un congrès important ce samedi. Onze ans après l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du RN, un nouveau chef de file sera introduit pour mieux soutenir la fille de Jean-Marie à l’élection 2027. Les adhérents devront choisir entre Jordan Bardella ou Louis Aliot. Le premier part favori selon les médias français.

Depuis plusieurs années, le RN était justement parvenu à se défaire de la réputation et des phrases inacceptables du fondateur du parti Jean-Marie Le Pen. Selon un sondage de L’Echo, Marine Le Pen était même devenue la deuxième personnalité politique préférée des Français derrière Édouard Philippe.

Forcément, cette phrase embarrasse le parti. « On ne s’exprime pas comme ça au sujet d’êtres humains, surtout à l’Assemblée nationale », a estimé David Rachline, l’un des très proches de Marine Le Pen.

Pour d’autres, il s’agit uniquement d’une manigance politique. « On a un d’un côté LFI qui joue la carte de l’agit-prop et de l’autre la macronie qui joue les vierges effarouchées. On est face à une bonne grosse manipulation politique pour nous salir la veille d’un grand évènement politique », a expliqué Philippe Ballard, député et porte-parole du mouvement toujours pour BFMTV.

Preuve que le parti est divisé entre l’union de ses membres ou la division.