Attaque contre des militaires au Carrousel du Louvre : l’assaillant condamné à 30 ans de prison

Cette peine prononcée contre Abdalla El Hamahmi est assortie d’une période de sûreté des deux tiers, a précisé le président de la cour Laurent Raviot au terme de plus de sept heures de délibéré.

Une interdiction définitive du territoire français a également été ordonnée tout comme l’inscription de l’assaillant au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).

Les cinq magistrats professionnels ont suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat), qui avait demandé 30 ans de réclusion criminelle.

À l’annonce du verdict, qui lui était traduit simultanément en arabe par une interprète, Abdalla El Hamahmi, le visage couvert par le masque de protection anti-Covid, n’a manifesté aucune réaction.

Le matin du 3 février 2017, dans la galerie marchande du Louvre, ce jeune cadre commercial d’une entreprise ayant son siège à Dubaï s’était précipité, armé de deux machettes et criant « Allah Akbar ! » (« Dieu est le plus grand ! »), vers quatre militaires en patrouille dans la galerie marchande du musée. Il avait légèrement blessé l’un d’eux au cuir chevelu avant d’être grièvement blessé par balle au ventre par un tir de riposte d’un des membres de la patrouille.

L’assaillant avait expliqué vouloir initialement saccager des oeuvres du Louvre afin d’alerter « le monde occidental » sur le sort des enfants qui meurent « chaque jour » dans la guerre en Syrie. Il s’était présenté dans un premier temps comme un partisan de l’EI, avant de revenir sur ses propos, affirmant avoir agi seul et évoquant un « projet personnel ». Tout au long des débats devant la cour, l’accusé a assuré que son intention initiale était de détruire des chefs-d’oeuvre du musée (la Vénus de Milo, des toiles de Léonard de Vinci…).

En dépit des « contradictions » et « zones d’ombre » relevées par l’accusation dans son récit, cet avocat de formation a expliqué avoir été surpris par la présence « à cet endroit-là » de la galerie des militaires de Sentinelle et les avoir attaqués « par réflexe », précisant avoir agi « comme un robot ».

Après avoir contesté l’authenticité d’une vidéo dans laquelle il prêtait allégeance à l’EI avant son passage à l’acte, l’accusé a fait volte-face lors de son procès et reconnu avoir voulu rejoindre, en vain, les rangs de l’organisation djihadiste au Levant, avant de se rabattre sur la France. L’attaque n’a jamais été revendiquée par l’EI.

La cour a « considéré que la tentative de meurtre avait été commise envers des personnes dépositaires de l’autorité publique », en « relation avec une entreprise terroriste », a précisé Laurent Raviot. Elle a également considéré que cette tentative de meurtre « avait été commise avec préméditation »