Athènes débloque 500 millions d’aides pour les sinistrés du feu

Confronté à la colère d’habitants des zones sinistrées, le dirigeant conservateur a dévoilé une batterie de mesures pour les victimes ainsi que des plans pour la reconstruction dans l’île d’Eubée, à 200 km d’Athènes et dont la partie nord était toujours la proie des flammes mardi.

Les mesures d’aide « seront financées principalement par un budget supplémentaire de 500 millions d’euros que le ministère des Finances va soumettre dès maintenant », a précisé M. Mitsotakis. L’Etat versera notamment jusqu’à 150.000 euros par habitation détruite, a-t-il détaillé sur son compte officiel Twitter, avec un versement immédiat d’une avance de 20.000, 12.000 ou 5.000 euros en fonction du degré de dégradation du logement.

Des exonérations d’impôts fonciers et de cotisations sociales sont également prévues.

Quant aux entreprises touchées, elles « seront indemnisées à hauteur de 70% de leurs pertes », a-t-il précisé sur le réseau social. Elles pourront aussi recevoir une avance immédiate de 22.000, 12.000 ou 5.000 euros pour leurs biens, en fonction des dommages.

L’Etat grec va par ailleurs débloquer 224 millions d’euros pour le reboisement de 165.000 hectares, une somme qui pourra être augmentée si nécessaire.

Lundi, Kyriakos Mitsotakis a demandé pardon aux Grecs « pour de possibles erreurs » alors que la colère gronde dans les rangs de l’opposition mais aussi parmi les habitants et autorités locales dans les zones dévastées par les flammes.

Beaucoup ont en effet dénoncé le manque de réactivité et de moyens aériens déployés à « une catastrophe naturelle aux proportions sans précédent », selon le Premier ministre.

Dans le nord de l’île d’Eubée, l’ordre d’évacuer des dizaines de villages a été donné mardi après-midi. En huit jours, le feu y a déjà détruit des centaines de maisons et ravagé plus de 49.000 hectares, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts (EFFIS).

Des hélicoptères plongent inlassablement dans la mer et multiplient les allers et retours pour arroser les collines boisées, tandis que de nombreux habitants crient leur colère contre le manque de moyens de leurs pompiers locaux. Sur les 870 soldats du feu déployés sur le nord d’Eubée, beaucoup sont venus de Chypre, Slovaquie, Pologne, Serbie, Ukraine et Roumanie, selon les services d’incendies grecs.