Après six jours de combats, les Kurdes reprennent le contrôle de la prison djihadiste d’Hassaké

Les forces arabo-kurdes soutenues par les Etats-Unis ont repris mercredi le contrôle de la prison de Ghwayran dans le nord-est de la Syrie, après six jours de combats acharnés et un effort pour épargner la vie des gardiens et détenus mineurs pris en otages par l’Etat islamique (EI).

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), près de 125 djihadistes, une cinquantaine de combattants kurdes et sept civils ont été tués dans cette opération menée par Daech dans la ville d’Hassaké, où sont entassés depuis des mois la plupart des djihadistes accusés d’avoir appartenu à l’organisation terroriste.

C’est de loin la plus importante opération menée par l’EI depuis sa défaite de Baghouz en 2019 et sa mutation en un groupe de guérilla composé de cellules dormantes. Prèss de 300 djihadistes ont participé à l’assaut, lancé jeudi dernier à l’aide de voitures piégées. Les commandos avaient réussi à pénétrer dans le centre pénitentiaire et à libérer des prisonniers qui se sont emparés des armes des gardiens.

La prison était la plus grande du Rojava, abritant près de 4 000 djihadistes originaires d’une trentaine de pays, plus environ 700 mineurs accusés d’avoir été enrôlés comme des « Lionceaux du califat » et placés dans un centre de réhabilitation connexe à la prison. Ces mineurs ont été utilisés par Daech comme « boucliers humains », ont dénoncé les Forces démocratiques syriennes (FDS) principalement kurdes. Faute de réactions des pays d’où sont originaires ces djihadistes, en majorité de pays comme l’Irak, la Syrie mais aussi d’Europe et des Etats-Unis, ces hommes sont détenus sans procès et constituent une lourde charge pour les Kurdes.

L’EI a revendiqué l’attaque dans plusieurs vidéos diffuses sur ses réseaux sociaux. L’une d’elles montre des combattants dans la prison, plusieurs d’entre eux portant un bandeau rouge sur le front tout en récitant le serment de se battre jusqu’à la mort ou la victoire. Ces vidéos ont été répercutées sur Telegram et d’autres réseaux comme Rocket.Chat par des sympathisants de Daech. Des remous ont été enregistrés dans le camp d’Al-Hol où sont retenus les femmes et les enfants.

Selon le Rojava Information Center (RIC), la coalition internationale est venue au secours des FDS et des Asayish (policiers) kurdes. Des avions et des hélicoptères américains Apache sont intervenus par des frappes ciblées. Près de 45 000 habitants se sont mis à l’abri des combats, en fuyant cette ville où se mélangent les communautés arabes, kurdes et chrétiennes. On ignore si des détenus ont réussi à s’échapper et si, parmi eux, figurent des Belges.