Appel à la paix : que dit le pape Léon lors de sa première messe de Pâques ?
Léon XIV a célébré la messe de Pâques dimanche dans une ambiance festive, accompagnée des trompettes et de chants liturgiques. À Jérusalem, les célébrations liturgiques dans la basilique du Saint-Sépulcre se sont tenues à huis clos en raison de restrictions sur les rassemblements imposées depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran le 28 février.
La fête de Pâques est marquée cette année par le conflit au Moyen-Orient. Lors de sa première célébration de cet événement crucial du calendrier chrétien depuis son élection, Léon XIV n’a mentionné aucun pays dans son appel à la paix.
Au Vatican, dans une place Saint-Pierre décorée de milliers de fleurs et baignée de soleil, Léon XIV a célébré la messe dominicale dans une ambiance festive, agrémentée de trompettes et de chants liturgiques.
Lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi » (à la ville et au monde), le souverain pontife a dénoncé l’« indifférence » face à la guerre et à ses conséquences. « Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment » et à leurs « conséquences économiques et sociales », a-t-il affirmé.
Léon XIV a également annoncé qu’une veillée de prière pour la paix se tiendrait le 11 avril sur la place Saint-Pierre, à Rome. Depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre, il a ensuite souhaité « Joyeuses Pâques » à la foule en dix langues, dont l’arabe, le chinois, le polonais et le latin, avant que les cloches ne sonnent à toute volée.
Tout au long de la Semaine Sainte, l’ombre du conflit au Moyen-Orient a pesé sur les célébrations. Lors de la veillée pascale, samedi soir, le chef de l’Église catholique a dénoncé les divisions engendrées par « la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations ».
À Jérusalem, les célébrations liturgiques dans la basilique du Saint-Sépulcre, située sur le lieu de la Résurrection de Jésus selon la tradition, se sont déroulées à huis clos en raison des restrictions sur les rassemblements imposées depuis le début de la guerre avec l’Iran, le 28 février.
Dimanche matin, des barrages de la police israélienne, invoquant des impératifs de sécurité, ont filtré les rares fidèles autorisés à s’approcher.
Pour beaucoup d’entre eux, ces mesures font perdre toute substance à la célébration. « C’est très difficile pour nous tous, car c’est notre fête […] C’est vraiment très dur de vouloir prier, de venir ici et de ne rien trouver. Tout est fermé », a déploré, les larmes aux yeux, Christina Toderas, 44 ans, venue de Roumanie.
Au Liban, où les localités à majorité chrétienne du sud sont prises au piège des combats qui durent depuis un mois entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par l’Iran, les fidèles conservent de l’espoir malgré tout, la plupart refusant de fuir.
À Debel, près de la frontière israélienne, les habitants ont préparé Pâques alors que les bombardements résonnent sans cesse autour du village, désormais presque totalement isolé et dépendant de l’aide humanitaire. « La situation est tragique », a confié samedi à l’AFP un responsable de la ville, Joseph Attieh. « Les gens sont terrifiés. »
À Dubaï, aux Émirats arabes unis, les messes sont annulées depuis vendredi et jusqu’à nouvel ordre « suite aux directives du gouvernement ». À Damas, elles ont été limitées à l’intérieur des églises, après des tensions dans une ville chrétienne du centre de la Syrie.

