Alors que son armée cède du terrain, le Kremlin communique sur la suite de l’offensive

Les forces russes ont été contraintes de se retirer de plusieurs zones de la région de Kharkiv (est de l’Ukraine), notamment les villes clés de Koupiansk et Izioum, face à une contre-offensive éclair de l’armée de Kiev.

Après ce retrait, « les forces russes aérospatiales et d’artillerie continuent de mener des frappes précises sur les unités et les réserves des forces armées ukrainiennes », a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

« Dans les zones des localités de Koupiansk et d’Izioum, des combattants et des équipements de la formation nationaliste +Kraken+, de la 113e brigade de défense territoriale et de la 93e brigade mécanisée ont été touchés », a-t-il ajouté, affirmant que 250 militaires ukrainiens avaient été tués.

Le ministère russe a aussi déclaré que plusieurs cibles avaient été bombardées dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, où les forces de Kiev mènent une autre contre-offensive.

Ces affirmations n’étaient pas vérifiables de source indépendante.

Le recul des forces russes dans la région de Kharkiv, présentées comme un « regroupement » par Moscou pour défendre la région de Donetsk, a suscité l’incrédulité de plusieurs éditorialistes et blogueurs pro-Kremlin ces derniers jours.

Malgré ce revers, l’offensive en Ukraine « va se poursuivre jusqu’à ce que les objectifs initialement fixés soient atteints », a insisté lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un point de presse.

Interrogé sur la manière dont les forces russes comptaient s’y prendre, il a renvoyé vers le ministère de la Défense.

M. Peskov a aussi estimé qu’il n’y avait actuellement « pas de perspective de négociations » entre Kiev et Moscou.

Pour l’Ukraine, la guerre est entrée dans sa « troisième étape »

La guerre en Ukraine est entrée dans sa « troisième étape », et les actuels succès militaires ukrainiens auront un effet « boule de neige » jusqu’à la défaite de l’armée russe, a affirmé de son côté le ministre ukrainien de la Défense Oleksii Reznikov dans un entretien au Monde lundi.

« La campagne de contre-offensive est la troisième étape », a déclaré M. Reznikov alors que les forces de Kiev avancent rapidement dans les parties orientales et méridionale du pays et affirment avoir repris 3.000 km carrés du territoire depuis début septembre.

« La première étape dans la guerre visait à dissuader les Russes. La deuxième a consisté à établir un équilibre entre eux et nous sur le front, à stabiliser le front, et à tester leurs capacités de résilience », a décrit le ministre.

« Notre état-major a conçu un plan en fonction de l’armement que nous avons reçu de nos partenaires ; nous avons commencé en utilisant les systèmes d’artillerie mobile Himars pour couper les lignes de soutien logistique de l’ennemi, détruire ses dépôts de carburant, de munitions, etc.. C’est cette troisième étape de la guerre qui a commencé dans le Sud et dans le Nord, dans les districts de Kherson et de Kharkiv », explique-t-il.

Les objectifs de l’Ukraine sont la libération de tous les territoires occupés, « y compris la Crimée (annexée en 2014 ndlr), Louhansk et Donetsk (dans le Donbass oriental ndlr) ». « Nos gardes-frontières installeront leurs postes sur la frontière russo-ukrainienne, là où elle se trouvait en 1991 », lance-t-il.

Outre la « libération totale » des territoires ukrainiens, Kiev réclame une « feuille de route absolument claire sur le paiement de réparations par les Russes et sur l’établissement de leur responsabilité dans les crimes de guerre » commis depuis le début de l’invasion le 24 février.

Interrogé sur la possibilité d’une guerre longue, M. Reznikiv se refuse à faire des prédictions, mais assure : « ça va être comme une boule de neige, elle va commencer à rouler, rouler, rouler, et elle va devenir de plus en plus grosse, de plus en plus grosse… Et on va voir la deuxième armée du monde battre en retraite ».