Alireza Firouzja, la pépite française des échecs

Il est aussi brillant sur l’échiquier que discret en dehors : le Français Alireza Firouzja est considéré par le champion du monde Magnus Carlsen comme son unique challenger motivant, mais va devoir le prouver face aux meilleurs lors du Tournoi des candidats.

À Madrid ce 18 juin (et jusqu’au 5 juillet), Alireza Firouzja va fêter ses 19 ans mais tentera surtout de poursuivre sa route vers le titre de champion du monde des échecs.

Son accession fulgurante ne semble pas connaître de limites : troisième joueur au classement mondial des échecs, il est considéré comme le favori du tournoi des Candidats qui désignera celui qui tentera de renverser Magnus Carlsen de son trône.

Le jeune homme à l’allure frêle ne se disperse pas, est inaccessible à la presse ou aux sponsors, et n’est que très peu présent sur les réseaux sociaux. Discret certes, mais pas sans caractère : d’origine iranienne, Firouzja a quitté son pays après que la fédération lui a interdit de disputer le championnat du monde (parties rapides) en 2019, ne voulant pas que des joueurs iraniens puissent affronter des joueurs israéliens.

Alireza Firouzja s’est tout de même présenté à la compétition, sous la bannière de la fédération internationale, et a terminé vice-champion derrière Magnus Carlsen.

Peu de temps auparavant, il s’était installé à Chartres, en France. Toute sa famille l’a accompagné, notamment son père, qui le suit à chacun de ses tournois, ou encore son frère aîné, bon joueur d’échecs. « Ce sont des gens intellectuellement très vifs. Les parents ont appris le français à une vitesse exceptionnelle », raconte François Gilles, président de C’Chartres Échecs, le club qui l’a accueilli. Depuis, Alireza Firouzja a été naturalisé, en juillet 2021.

S’il est jeune sur le circuit professionnel, Firouzja a déjà derrière lui des milliers de parties en ligne, propices à diversifier son style mais aussi à jouer vite. « Il s’est quand même créé tout seul en Iran, avec les parties rapides sur internet« , précise M. Gilles. Mais dans des parties au format classique, qui peuvent s’étaler sur plus de six heures, il a aussi appris a ralentir le tempo, en témoigne son accession au 2e rang mondial. Ses adversaires sont prévenus.