Algérie : L’écrivain Boualem Sansal condamné, indignation en France, Macron appelle à faire preuve d’« humanité »

Cinq ans de prison ferme. C’est la peine infligée jeudi par un tribunal algérien à l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Son avocat français François Zimeray a appelé le président algérien Abdelmadjid Tebboune à le gracier compte tenu de « son âge et de son état de santé ». Boualem Sansal, qui risquait au démarrage des poursuites à son encontre, une peine de réclusion à perpétuité, dispose de 10 jours pour faire appel.
Emmanuel Macron a réagi à cette condamnation en appelant les « plus hautes autorités algériennes » à prendre des décisions « humaines et humanitaires » à l’égard de l’écrivain. « Je sais pouvoir compter sur, à la fois, le bon sens et l’humanité des autorités algériennes pour prendre une telle décision », a déclaré le président lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet sur l’Ukraine, semblant faire allusion à une éventuelle grâce du président algérien en faveur de l’écrivain.
« Injustifiable » pour François Bayrou
Le Premier ministre, François Bayrou, a de son côté estimé sur X que la condamnation de Boualem Sansal était « injustifiable ». « Une voie digne et humanitaire est à portée. Je renouvelle notre appel aux autorités algériennes à la considérer et à y répondre favorablement », a-t-il exhorté.
Alors que le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure vis-à-vis de l’Algérie, n’a pas encore réagi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Christophe Lemoine, a appelé à « une issue rapide, humanitaire et digne à cette situation ».
Une décision « scandaleuse » pour Marine Le Pen
Des élus de tous les bords de l’échiquier politique ont dénoncé fermement jeudi sur les réseaux sociaux la condamnation de l’écrivain. Dénonçant une décision « scandaleuse », la cheffe de file des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, a estimé sur X que la condamnation de Boualem Sansal « est en réalité, compte tenu de son âge et de son état de santé, une condamnation à perpétuité ».
« Le délit d’opinion ne devrait pas exister. Nous réclamons à nouveau sa libération immédiate », a tweeté la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot.
« Honteux » et « inacceptable », a réagi sur le même réseau social le député Alexis Corbière (ex-LFI, qui siège avec les écologistes). « Notre gouvernement doit donc tout faire en direction du gouvernement algérien pour que cette injustice cesse », a ajouté l’élu de gauche, tandis que le parti socialiste a publié un communiqué dénonçant « une atteinte inacceptable à la liberté d’expression » et déplorant « l’instrumentalisation de cette injustice manifeste par les gouvernements algérien et français autant que par l’extrême droite ».
Gabriel Attal dénonce « une parodie de justice »
Laurent Wauquiez, président des députés LR et candidat à la présidence de son parti, a dénoncé sur X une « condamnation inique par un régime qui hait la liberté » et a appelé à « sortir de la soumission au régime d’Alger ».
Quant à l’ancien Premier ministre Gabriel Attal (Renaissance), il a étrillé « une parodie de justice », estimant sur X que « c’est la France qui est visée », « à travers ce verdict inique ».