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Algérie : Le président ne cesse d’inviter les Algériens sans papiers à revenir

La mesure concernerait plusieurs dizaines de milliers d’Algériens, selon le président Abdelmadjid Tebboune qui a annoncé la publication d’un décret pour permettre à certains ressortissants de regagner l’Algérie. Le communiqué précise que « toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à [leur] patrie » ne sera pas concernée par cette mesure.


La mesure touchera plusieurs dizaines de milliers d’Algériens. Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé lors du Conseil des ministres la publication d’un décret permettant à certains ressortissants de revenir en Algérie.

« Le président de la République a lancé un appel aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation de précarité et irrégulière », selon un communiqué de la présidence consulté par le média *Jeune Afrique*. Ce document précise que ces ressortissants auraient « été délibérément induits en erreur par des individus qui se croyaient capables de nuire à la crédibilité de l’État en les instrumentalisant à l’étranger contre leur pays ».

### Immigration clandestine

Cette initiative vise à régulariser la situation de milliers d’Algériens appelés « harragas », qui ont quitté clandestinement le pays ces dernières années en tentant de rejoindre les côtes européennes par la mer. Ce terme se traduit par « ceux qui brûlent » et désigne les immigrés maghrébins allant jusqu’à brûler leurs papiers pour cacher leur identité. Cependant, cette sortie du territoire est criminalisée depuis 2009, ces ressortissants se retrouvant ainsi en situation irrégulière dans deux pays.

Entre 2020 et 2024, plus de 54.000 Algériens auraient rejoint l’Europe, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). « Ceux qui fuient le pays ne sont pas des exilés économiques mais plutôt des personnes en quête d’une nouvelle vie pour se reconstruire, s’épanouir », écrit *Jeune Afrique*. « Or la vie s’est nettement dégradée en Algérie », s’inquiète le média.

### Pas tous éligibles

Cependant, le communiqué précise que « toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à [leur] patrie » ne sera pas concernée par cette mesure.

Sont également inéligibles les auteurs de « crimes de sang » et de trafic d’armes ou de drogues.