Algérie – France : Macron estime ne pas avoir « à demander pardon »

Le président français Emmanuel Macron estime qu’il n’a « pas à demander pardon » à l’Algérie pour la colonisation, car cela équivaudrait à un « solde de tout compte ». Cependant, ce dernier espère accueillir son le président de la République, Abdelmajid Tebboune en France en 2023 pour poursuivre le travail de mémoire et de réconciliation entre les deux pays. C’est ce qu’a déclaré Macron lors de son entretien avec l’écrivain algérien Kamel Daoud à l’hebdomadaire français Le Point.

En effet, concernant la colonisation française en Algérie, Macron déclare : « Je n’ai pas à demander pardon, ce n’est pas le sujet, le mot romprait tous les liens. Je ne demande pas pardon à l’Algérie ». Il se livre sur sa vision des relations franco-algériennes. Longuement interrogé sur «la demande d’excuses » formulée « tardivement » côté algérien, le chef de l’Etat français répond sans équivoque négativement. « Le pire serait de conclure : « On s’excuse et chacun reprend son chemin.» Là, la fausse réponse est aussi violente que le déni. Parce que, dans ce cas, ce n’est pas la vraie reconnaissance. C’est le solde de tout compte. Le travail de mémoire et d’histoire n’est pas un solde de tout compte.»

Macron enchaine en disant : « C’est, bien au contraire, soutenir que dedans il y a de l’inqualifiable, de l’incompris, de l’indécidable peut-être, de l’impardonnable.» Saluant par ailleurs «la volonté réelle de la part d’Abdelmajid Tebboune, d’entamer une nouvelle étape » dans les relations entre l’Algérie et la France, espérant aussi l’accueillir sur le territoire français en 2023.

Qu’a déclaré Macron sur la relation entre l’Algérie et le Maroc ?

En outre, le président français a été interrogé sur la possibilité d’une cérémonie de recueillement du président algérien sur les sépultures des membres de la suite d’Abdelkader, héros de la résistance à la colonisation française, détenu à Amboise avec plusieurs membres de sa famille de 1848 à 1852, puis enterré en même lieu, il a estimé que ce serait « un très beau et très fort moment » et qu’il le « souhaitait ». « Je crois que cela fera sens dans l’histoire du peuple algérien. Pour le peuple français, ce sera l’occasion de comprendre des réalités souvent cachées », dit-il encore.

Pour finir, cet entretien a abordé la question du conflit entre l’Algérie et le Maroc, car rappelons-le, Alger a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021, accusant Rabat d’« actes hostiles ». Emmanuel Macron appelle à « l’apaisement » des tensions entre les deux pays. Il dit ne pas croire à une guerre entre ces voisins, tout en relevant «la spéculation chez les uns, le fantasme chez les autres et même la volonté de guerre chez « certains ».