Agression à la prison de Condé : 18 prisons françaises « bloquées » par des surveillants en colère

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Dix-huit établissements pénitentiaires français sont « bloqués » mercredi matin par l’action de surveillants, au lendemain de la violente agression de deux agents par un détenu radicalisé à la prison d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, selon la direction de l’administration pénitentiaire (DAP). Les actions de grogne font suite à un appel national aux blocages lancé par les syndicats FO et CGT. Dans ces 18 établissements, sur un total de 188 à travers le pays, les surveillants ont ainsi refusé de prendre leur service.

Outre Condé-sur-Sarthe, bloquée par une soixantaine de travailleurs, le mouvement touche entre autres les prisons de Fleury-Mérogis, la plus grande d’Europe, Melun, Tarascon, Gradignan et Borgo. A Fleury-Mérogis, plus d’une centaine de gardiens, 200 selon d’autres sources, avec des délégués syndicaux, s’étaient rassemblés devant l’établissement, en bloquant l’entrée, dès 6h00 du matin. Des journalistes sur place indiquent que des CRS sont venus débloquer l’accès à la prison peu avant 10h00.

Devant l’établissement de Condé, les gardiens de prison ont allumé un feu, faisant brûler des pneus et des palettes. Deux surveillants de cette prison d’Alençon avaient été blessés mardi, agressés au couteau par un détenu radicalisé âgé de 27 ans, Michaël Chiolo, qui a été interpellé ensuite dans un assaut du Raid. Selon le procureur de la République de Paris Rémy Heitz, le détenu radicalisé en prison et qui purgeait une peine de 30 ans, a affirmé vouloir « venger » Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg le 12 décembre 2018. L’agression a été qualifiée de « terroriste » par la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

C’est en réaction à ces évènements que de nombreux surveillants ont décidé de se croiser les bras mercredi matin.