Affaire Epstein : La piste du « Kompromat » moquée par le Kremlin.
Le milliardaire américain Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule en 2019, a été lié à des accusations de viols et d’agressions sexuelles sur mineures, ainsi qu’à des documents évoquant la Russie et Vladimir Poutine. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a ordonné la création d’une équipe d’analystes pour examiner les interactions susceptibles d’avoir un impact sur la sécurité nationale polonaise.
L’affaire Epstein, complexe et tentaculaire, prend une tournure diplomatique. Accusé de viols et d’agressions sexuelles sur mineures impliquant des personnalités de « l’élite mondiale », le milliardaire américain, retrouvé mort dans sa cellule en 2019, aurait-il aussi été lié à un « kompromat » ?
C’est ce que suggèrent les 3,5 millions de documents récemment révélés par le ministère de la Justice des États-Unis. En effet, parmi ces millions de courriers, SMS ou notes de police, près de 10.000 font mention de la Russie, et au moins 1.000 de Vladimir Poutine. Deux échanges, datant de 2011 et 2014, évoquent même des rencontres avec le président russe.
Epstein revendiquait des liens avec Moscou
La Russie, ainsi que ses services secrets, sont réputés pour utiliser la méthode du « kompromat », qui consiste à surprendre une cible dans des situations compromettantes, parfois de manière organisée, afin de la neutraliser, de l’inciter à divulguer des informations, de la contraindre à agir dans son intérêt, ou même de recruter d’autres agents potentiels.

Jeffrey Epstein s’est fréquemment vanté de ses connexions à Moscou et de sa capacité à solliciter un « ami de Poutine », notamment après sa première condamnation en 2008 pour avoir eu recours à des services de prostituées mineures, souvent originaires de pays de l’Est, dont la Russie.
En 2010, par exemple, il proposait au prince Andrew, membre controversé de la famille royale britannique écarté par son frère, le roi Charles III, une rencontre avec une jeune femme « digne de confiance », intelligente, belle et… Russe. Le prince a accepté cette proposition sans hésitation.
Un ami ancien du FSB
En 2025, le média dissident russe Dossier Center a révélé que le prédateur sexuel américain avait noué des liens avec Sergueï Beliakov, vice-ministre formé au sein du FSB (anciennement KGB), suite à une approche de ce dernier en 2014 pour demander des conseils sur les moyens de contourner les sanctions internationales qui pesaient alors sur l’économie russe.
Il est difficile d’imaginer que les espions de Moscou et du Kremlin ne soient pas intéressés par le carnet d’adresses et le réseau du milliardaire américain, qui comprenait des chefs d’État, des grands patrons et des célébrités.
Le Premier ministre polonais demande une enquête, Moscou se moque
Donald Tusk, le Premier ministre polonais, s’interroge sur une éventuelle influence des services secrets russes sur les actions d’Epstein et a ordonné la formation d’une équipe d’analystes pour étudier toute interaction pouvant affecter la sécurité nationale polonaise.
Retrouvez ici notre dossier consacré à l’affaire Epstein
Le Kremlin a, pour sa part, ridiculisé ces hypothèses ce jeudi. « J’aurais aimé faire beaucoup de blagues sur ce sujet », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, lors de son point presse quotidien. « Ne perdons pas le temps de notre briefing pour cela », a-t-il ajouté, qualifiant ces suppositions de « pas sérieuses ».

