Affaire Epstein : Jack Lang « assume » ses liens, mais rien ne laissait supposer ses crimes.
Jack Lang a déclaré assumer « pleinement les liens » qu’il a pu créer avec Jeffrey Epstein, précisant que c’était « à une époque où rien ne laissait supposer qu’il pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité ». Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi dernier la publication d’une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
C’est ce que l’on appelle « botter en touche ». Ce lundi, Jack Lang, ex-ministre et actuellement président de l’Institut du Monde arabe, a affirmé accepter « pleinement les liens » qu’il a pu établir avec Jeffrey Epstein. Cependant, il précise que cela s’est produit « à une époque où rien ne laissait supposer qu’il pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité ».
Le nom de Jack Lang, 86 ans, ainsi que celui de sa fille Caroline, figure dans plusieurs échanges avec le criminel sexuel américain, décédé en 2019, dans les documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice.
« Pas l’habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire »
Jack Lang a souhaité exprimer son profond choc face aux révélations concernant les activités criminelles de Jeffrey Epstein, déclarant : « Comme je le suis aujourd’hui d’être associé à un criminel, par sous-entendus souvent, parfois avec une réelle intention de me nuire. Par conséquent, je suis résolu à poursuivre en justice quiconque propagera à mon sujet des propos menaçants, haineux et diffamatoires. »
Dans son communiqué à l’AFP, il explique avoir rencontré Jeffrey Epstein « voici une quinzaine d’années » par l’intermédiaire du réalisateur américain Woody Allen. « Volontiers mécène, il fréquentait alors le Tout-Paris. Il nous avait séduits par son érudition, sa culture, sa curiosité intellectuelle », ajoute-t-il, tout en saluant sa « gentillesse » lors du décès de sa fille Valérie Lang.
« Quand je noue un rapport de sympathie, je n’ai pas l’habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire. Je fais confiance. J’aime les rencontres fortuites de la vie quotidienne. Ainsi continue à s’ordonner ma vie. Je suis tombé des nues quand j’ai découvert les crimes dont il s’était rendu coupable », affirme-t-il.
« Si j’en avais été informé, j’aurais stoppé tout net mes relations avec lui »
Jack Lang souligne que « les valeurs humaines qui m’habitent, de dignité et de probité notamment, celles qui ont construit ma vie d’homme et de citoyen, sont radicalement étrangères à ces pratiques odieuses. Mes pensées iront toujours aux victimes, nombreuses, de tels agissements. »
Il tient à rappeler : « J’assume pleinement les liens que j’ai pu créer, à une époque où rien ne laissait supposer que Jeffrey Epstein pouvait être au cœur d’un réseau de criminalité. Si j’en avais été informé, j’aurais stoppé tout net mes relations avec lui. »
Le ministère américain de la Justice a lancé vendredi dernier la publication d’une quantité importante de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, respectant ainsi l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement sensible.
Le richissime financier a été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de rencontrer la justice pour avoir mis en place un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.

