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Affaire Epstein : BNP Paribas impliquée avec le criminel sexuel américain

Jeffrey Epstein a longtemps utilisé le système bancaire français lors de ses séjours à Paris, notamment BNP Paribas, et a été client de Fortis France avant d’être transféré chez BNP Paribas après le rachat de la banque. La fermeture de son compte parisien en 2018, découverte par Le Monde, reste peu expliquée et pourrait être liée au renforcement du dispositif fiscal américain FATCA.


Le financier américain Jeffrey Epstein a longtemps eu recours au système bancaire français pendant ses séjours à Paris, notamment à BNP Paribas, d’après France Info. Initialement client de Fortis France, il a été transféré chez BNP Paribas après le rachat de la banque. L’établissement affirme n’avoir eu « aucune relation de banque privée ou d’investissement » avec lui, bien que des documents judiciaires américains révèlent l’existence de plusieurs comptes et placements.

Suite à la mort d’Epstein en 2019, la justice des Îles Vierges américaines a tenté de retracer ses flux financiers, suspectant que certains comptes aient été utilisés pour rémunérer des victimes présumées de trafic sexuel. Tout comme d’autres institutions, BNP Paribas a reçu une assignation à comparaître, mais assure n’avoir « aucun lien » avec cette affaire, à la différence de JPMorgan Chase, qui a signé un accord financier.

Un compte fermé en 2018

La fermeture de son compte parisien en 2018, révélée par Le Monde, reste mal expliquée. Elle pourrait être liée au renforcement du dispositif fiscal américain FATCA, qui oblige les banques étrangères à déclarer les avoirs de leurs clients américains. Cette obligation a poussé plusieurs établissements français (incluant le Crédit agricole, la Société générale, Barclays ou le CIC) à refuser l’ouverture de nouveaux comptes pour Epstein à l’été 2018.

En dépit de ces obstacles, Epstein continuait de séjourner régulièrement en France, où il menait un style de vie luxueux entre son appartement avenue Foch et ses déplacements en Europe. Des échanges internes font également mention de visites fréquentes de jeunes femmes originaires d’Europe de l’Est, désignées sous le terme de « girls flights », selon France Info.

Les documents judiciaires montrent de plus qu’il détenait des produits financiers complexes proposés par plusieurs banques internationales, dont Deutsche Bank et UBS, souvent structurés pour optimiser la fiscalité.