Accord sur le nucléaire iranien: Reynders espère qu’une voie puisse être trouvée « pour laisser une chance à l’accord »

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Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, espère qu’une voie pourra être trouvée avec les Etats-Unis pour « laisser une chance » à l’accord sur le nucléaire iranien d’être mis en oeuvre, a-t-il déclaré lundi en prélude à une réunion avec ses homologues européens.

Téhéran avait indiqué la semaine dernière qu’il s’affranchissait de deux des engagements du JCPOA (l’accord sur le nucléaire) qui vise à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et que le président américain Donald Trump a unilatéralement dénoncé il y a un an. La République islamique avait fait savoir qu’elle cessait de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi, revenant sur des restrictions consenties dans le cadre de l’accord qu’elle avait conclu à Vienne en juillet 2015 avec la Russie, la Chine, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a annoncé dimanche une visite surprise à Bruxelles pour s’entretenir avec les responsables européens de « questions urgentes », dont celle de l’Iran. Sa venue a quelque peu pris de court les Européens, qui pourraient toutefois le rencontrer dans l’après-midi.

Peu avant le Conseil des ministres des Affaires étrangères, M. Reynders a rappelé que « l »Union européenne continuerait à soutenir l’accord ».

« Il y aura beaucoup de discussions avec M. Pompeo pour voir dans quelle mesure on peut trouver un équilibre. Maintenant, la crainte est qu’en fonction des sanctions américaines, il y ait de plus en plus d’hésitations en Iran, ce qui met évidemment l’accord à mal. Si l’Iran ne le respecte pas, nous ne savons pas non plus le respecter », a commenté le chef de la diplomatie belge.

Téhéran a adressé un ultimatum aux Européens, toujours attachés à l’accord, pour qu’ils sortent d’ici deux mois les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions américaines, faute de quoi la République islamique renoncera à d’autres restrictions imposées à son programme nucléaire. Les Européens ont rejeté cet ultimatum.

Washington accuse pour sa part Téhéran de planifier des attaques « imminentes » et a décidé d’envoyer un navire de guerre et une batterie de missiles Patriot dans le Golfe où sont déjà présents un porte-avions et des bombardiers B-52.